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"Paysage de peinture"  ?

 

Trop souvent encore le peintre tente de s’approcher d’une réalité (naturelle, symbolique, ou narrative), d’un paysage, quand il me semble plus juste de prendre autour de soi et pas que l’image avec sa perspective, mais son ressenti, les sons et odeurs, idées symboles, tout digérer, assimiler, pour mettre à sa propre échelle, d’humain, à niveau d'ego. Compresser à la César, en gardant le jus, l'essence, comme liant, medium. Diluer à la térébenthine bi-rectifiée sur les premières couches. Toujours particulièrement soigner le fond (lire notes du peintre Rebeyrolle).

Avant ... tout avant.

Avant ... tout avant.

Comme le comprend Pierre Bonnard par copinage avec des travaux japonais et les impressionnistes de son époque, avec l’ami Lautrec ou Monet. La musique plein la tête (belle famille) et Jarry ou Mallarmé pour les mots. Il s'éprend d'Ubu. Pierre écrase la perspective (les perspectives sensorielles et intellectuelles) s’approprie jusqu’au motif, code, lumières et formes. Et en ce chemin, il s’éloigne des impressionnistes. Il crée.

 

Il ne veut pas « concurrencer » la nature, et à travers elle la vie qui aura d'avance quelques milliards d’années d’expérience, de fantaisie, d’invention quasi miraculeuse. Il crée en toute intimité, pour toucher une nouvelle universalité. 1ego = 1univers, à inventer-explorer. Il crée l’émotion par l’invention d’une sensation toute humaine, juste, qui s’accorde avec l’instant, et tout son être. Il peint Pierre Bonnard traversé par la Vie. En vie. Il peint le "vivre", dans son mouvement, son bougé et sa vibration, intime.

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Ce que j’assimile est ce sentiment flou de la vie, qui est tout et rien, ceci et son inverse, bouge sans cesse jusqu’à créer ce Flou. Le flou de mouvement, d’incertitude, et de perpétuel renouvellement. Une création perpétuelle (et non pas en quelques jours). Qui peut donner le vertige, développer chez le mortel un sentiment de peur et/ou de mal-être (jusqu’à l’invention d’un au-delà), de déséquilibre jusqu‘au malaise, l'inconfort.

 

(D'ailleurs, qu'importe, tellement, vraiment qu'il existe ou pas cet "au-delà", tant la vie est à explorer, découvrir sans interruption tant que notre temps est à vivre, à voir sentir ressentir toucher goûter, là ... prendre tout ce que l'instinct nous intime de prendre.)

 

Alors que tout (la vie) est dans le plaisir (à créer) de ce déséquilibre qu’il faut sans cesse « récupérer » (lire le "gaucher boiteux de Michel Serres) Qu'on entend si bien chez le pianiste de jazz Thélénious Monk. Comme le surf sur une vague, sur une vie et « l’écume des jours », avec cette proximité avec la fin, une noyade, le vide et son abîme. Le jeu sur le bord du cadre, ou un pied, une pensée, hors cadre. Ne pas, jamais, s’immobiliser …

 

comme aujourd’hui, je le fais. Quasi immobile ... Comme je le vis (mal) avec trop de précision. Jusqu'au point (très-trop précis) de ne plus rien percevoir, recevoir, ressentir. Presque mort. 

 

Du nom d'une de mes séries : "Nature (presque) morte". En manque de flou.

En plusieurs étapes. Par morcellement du temps et séquences trop courtes. Mutation.
En plusieurs étapes. Par morcellement du temps et séquences trop courtes. Mutation.
En plusieurs étapes. Par morcellement du temps et séquences trop courtes. Mutation.

En plusieurs étapes. Par morcellement du temps et séquences trop courtes. Mutation.

extrait du dévidoir :

18 mai, le chat (Kissa) a un an. La peinture et moi, maintenant, c’est compliqué. Comment je bataille avec ce tableau que j’ai tout chamboulé. Comment je laisse faire et défaire, gâche de la matière, le temps, mon esprit, qui me restent trop peu. Comment je perds espoir ou tout son contraire, tout à la fois avec une fâcheuse confusion. Compliqué. Comme si ma vie ne tenait plus que là, toute ma vie dans ce barbouillage. Dans cet atelier sans eau, où je manque de tout, de place (faut que je range ma mémoire et mes tableaux) d’argent, dans ce chaos. Chaos de l’être façon Kali (à la défonce) avec Vishnou qui s’efforce de tout réinventer au fur et à mesure. Perdu dans ce tableau. Vie toute ratée, bricolée, en vrac, tout pareil au même, sur lequel et laquelle je m’obstine, je m’accroche, avec folles velléités d’exister. De m’extraire du faux. Envie démesurée d’être moi, enfin, totalement et entier. Juste moi. Avant de disparaître, pour « de bon ».

 

Envie monstre d’apparaître, à défaut d’à part - être aux autres. De m’apparaître et me reconnaître … et sans doute, me découvrir. Pas encore trouver le miroir qui sonne juste. Que cette intuition que la solution, même floue, doit se trouver dans ma peinture. Une trace me suffira …

 

Et besoin de cet "équilibre" dans ma vie, pour (à la Monk) vivre pleinement le déséquilibre dans ma peinture, mes dérives poétiques et pQf.

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Le 16 mai, Erquy jusqu’à demain matin :

Je reprends avec « chance » (façon W.Allen) mon bonhomme "libre". Et j’y trouve un mieux.

 

Presque du contentement. Qui ne fait que rattraper un dégât. N’empêche, la peinture est comme un sang, mon flux de vie. Chaque fois que je retouche à « ça », je rechute terrible.

 

Je sors d’un état inerte. Maladroit, groggy encore, les fourmis dans le corps, la tête pleine de moutons qui vont au précipice en chantant des louanges, je refais surface à moi-même. Pas de mot pour dire, décrire vraiment.

 

Que mes couleurs que je lie aux traits, formes, gestes, une lumière dessus qui précipite, pour exprimer cette sensation, une bouffée de vie, d’être. M’impressionne toujours. Même si le résultat souvent me désespère, je sais que je touche là une désespérance plus juste. 

 

Je décide donc, finalement, d'exposer ce tableau en juillet à Pléneuf. Il me dit assez bien.

 

À voir aussi, avec mon expo "tHierry : 33 année de peinture (en toute discrétion)", l'expo du collègue Pierre Bonnard à Paris (plus classique et moins discret, mais à voir tout de même). Il squatte un bout de gare pas loin du Louvres.

 

À voir enfin (TV) pour "rigoler" la série (4 épisodes) sur Arte : "les règles de l'Art". Comment les Chinois allemands anglais et américains nordistes, mènent le bal. Ou comment le marché (ou le capital) fabrique l'artiste, le talent, la reconnaissance, les prix.

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1982 à 2015

homme les pieds dans l’eau  -  huile sur bois 100 x 130

 

1er période où je m’essaye à la peinture à l’huile. Avant ça : un peu de la bombe ici ou là « en toute discrétion », déjà. Et puis beaucoup de feutre, noir. Des dessins et des essais de BD. Mais surtout et principalement, de la photographie, n&b, avec un labo où je tente des trucs. Je gagne même assez d’argent avec ça pour me financer mes frais. Je ne sais plus comment ni pourquoi d’un coup, je me décide pour l’huile, comme papa. Et au couteau, comme lui. Pour faire la différence, je tombe dans le narratif. Comme lui à ses débuts, avant qu’il soit abstrait comme la plupart dans les années 50, puis qu’il s’abandonne à la ligne dans la matière, au motif. Cette peinture est ma 1er vente, que j’ai récupérée plus tard (un troc). et que j'expose une semaine au grand Palais (salon d'automne). Ce tableau à part, avec sa propre vie à part. 

 

Un jour (ou une nuit à l'époque), je repeins le visage, quelques détails à restaurer. Pour finalement égarer le tableau au fil de mes nombreuses migrations. Avant de, il y a peu, le retrouver dans un mauvais état, et… je « restaure » à nouveau, plus ou moins. Je garde la trace du temps, de mon histoire et de ceux que j’ai perdus en route.

 

Tableau mémoire, qui de ma 1er période « couteau » et « narrative », préserve comme un fond (tout au fond derrière les fonds et multiples reprises), une vague lueur, de cet homme, les pieds dans l’eau perdu dans un paysage exotique, ou étrange, une espérance, un vœu, le souhait de sa liberté. Une liberté d’être. Dont encore aujourd’hui, je rêve. J’espère …  et depuis 1982 que je restaure régulièrement (moins le tableau que, le rêve).

 

le dernier tableau ... avec touche jaune, pas de sa main. Seulement de son idée ...
le dernier tableau ... avec touche jaune, pas de sa main. Seulement de son idée ...

le dernier tableau ... avec touche jaune, pas de sa main. Seulement de son idée ...

Tag(s) : #actu pQf, #Art actu
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