Connexions imaginaires
Un - Le chat (LeChat/Erquy) et Rembrandt (Autoportrait/Londres)
En plein WE, entre 2 séquences de piscine (1km de brasse), me sens submergé par des images, des pensées, une idée centrale et le texte qui pourrait englober tout ça, là, j’avoue, encore très foutraque. Je titre ce bidule les « connexions imaginaires ». En plein mon « Flou de bougé » et au cœur de mon pQf natif. Depuis ce matin, dimanche avec mal de crâne, je grossis, dilate, comme autant d’apparitions spontanées de synapses entre des neurones gravement secoués, un texte que j’électrifie, idée tapée dans tous les sens. Pour assouplir. Double sens.
Le lien originel entre 2 obsessions, une lointaine et la présente, les autoportraits de Rembrandt et mon chat, mort le 8 décembre 2024. La distance, déjà, m’épate (tout seul dans mon coin qui rentre chez moi). Sur l’échelle du temps, de l’espace, par la nature des 2 entités, sujets. Comment puis-je arriver à autant de clarté (certes en très floue) ?
Seule première « connexion » : la disparition ? Pas totalement, car le lien se fait avec Rembrandt mort il y a quelques siècles et, le chat, quand vivant. Cependant, oui, le peintre peint un de ses derniers tableaux quand le chat me cloue son regard sur mon cortex. Il meurt et je saigne. Rembrandt, homme, peintre à travers un autoportrait. Une toile de lin peinte et, l’animal auquel je m’attache, qui s’attache à moi, nous nous attachons avec un regard persistant, insistant, les peintures de Rembrandt le chat et moi. Puzzle d’être diffus. Quand le temps se ramasse pour s’effacer, un instant.
Lire Gaëtan Picon (1915-1976) et son « Admirable tremblement du temps »
Ces tableaux m’ont toujours … quoi ? Fascinés ? Mot trop faible, ou mieux dire-écrire, mot jamais assez précis. Silence d’une peinture et du chat qui me fixe.
Je me souviens donc de ce tableau, Londres. Je travaille pour la Shell, invitation de quelques jours, je découvre, la ville et l’agitation, se perdre dans la foule, les bus au hasard, mes collègues so british à chemises blanches, costumes noires et, pour les plus jeunes, chevelures de déglingosses, piercings oreilles nez langue bouche ailleurs, plus étanche du tout, et, après le bureau, LA soirée au pub, verres vides, pintes qui s’accumulent sur le trottoir jusqu'au tintement de la cloche, minuit, dormir un peu, quand j’ai la vingtaine passée.
A l’époque je me goinfre de peintures, je marathone dans les musées les foires les galeries, et je peins. Mon chez moi, une pièce sous les toits d’un 6ièm étage sans ascenseur, 18ièm Paris, rue Coysevox (sculpteur 1640-1720), n’est qu’un atelier plein de peinture, huiles brosses pigments, livres et magazines d’Art avec, quelque part sous le lin, les cartons, les esquisses chiffonnées ou froissées, une paillasse pour amortir ma chute quand je m’effondre. En plein et totale harmonie avec le cliché. Parce que, c’est gravé, je crois encore dur comme moi que je suis un artiste, que je vais devenir un peintre et écrivain et vidéaste reconnu et que la parenthèse « comptable » ne sera qu’un petit cauchemar, une sale blague de la vie (méta-blague « pQf », comme j’aime les définir). Je ne doute pas. Et donc, je jubile dans la National Gallery. La tête en flamme, les yeux sur des braises.
Je me retrouve dans une salle avec Lui, l’autoportrait, que nous 2. Il a 63 ans, 1669, pas loin d’une fin. 86x70.5. Autour de lui, plus personne tous mort, fils femmes amis. Je connais déjà les Peintures de Rembrandt du Louvres (gratuit les dimanche), là-haut, isolées et qu’on pouvait à l’époque (années 80) gratter des yeux, tranquille, peinard et longuement. Pas encore d’Amsterdam et ces ailleurs plein de Rembrandt à découvrir. Ils viendront plus tard. Donc, dans cet aujourd’hui lointain, Londres, moi et lui, ensemble un temps certain. Je détaille comme j’aime à faire, de près, recule, reviens, sous hypnose et sous influence, presque je sniffe et suis sa main encore présente dans le poil de la brosse, le pouce, le geste, tous les mouvements brusques ou lents, intentionnels ou accidentels. Je piste l'intention. Je fouille l'esprit conducteur, en alternatif. Je sais la patine, la fatigue des couleurs broyées au pilon, mayonnaise des huiles de lin de dammar de tereb de carthame parfois cuites, clarifiées, siccatives et résistantes, résineuses, entêtantes, les parfums addictifs. Le poison autant du corps que de l’esprit.
Ici ou là j’essaye de deviner ses repentirs, béret, main, pinceau, et ailleurs, les bidouillages des restaurateurs armés de leur yeux sous loupe.
Et, je le quitte avec comme quelque chose qui remue dans mon ventre et me chauffe la tête. Une autre salle, deux, et puis ?
Et puis bien plus fort que moi, je dois y revenir, m’aimante. Amante exclusive, exigeante ? Me revoilà dans notre face à face, collés, la peinture et moi. Et impossible de la quitter, les yeux dans les yeux, peints. Je déborde de mon approche ordinaire, pour découvrir un lien. Magique ou fou, ou magique et fou à la fois. Rembrandt lui-même qui me questionne ? Au bord de rien, il peint. Seul, il excelle dans son art. Plus d’épouse, plus de fils, plus d’ami, reconnaissance envolée, je suis là pour lui. Mon admiration ? Ma fascination, du pur questionnement sur cette relation extra-ordinaire. Me questionne t’il par-delà notre impossible lien ? Je ne comprends pas la question, juste ce regard qui me touche en plein dans le mille, cible que je ne connaissais pas chez moi.
Il est là, tellement là. C’est le propre de cet art « peinture », qui disparait. Au bord du crépuscule d’un art, je ne lâche pas cet horizon où la lumière plongent. Les dernières couleurs, rincées, délavées, s'accrochent à quelques nuages. Déjà disparu ?
(Flash de la barque dans le film « Dead man » - un comptable et Johnny Deep - de Jarmusch, qui emporte William Blake. Il s’éloigne de la rive sous les yeux de l’indien Nobody - Gary Farmer, merveilleux. Un art invisible, un indien sans véritable nom, un comptable avec un nom de poète, s’éloignent de la vie.)
L’art « peinture ». Travail unique, avec ses mains ses yeux, son esprit, bien présent là, pas ailleurs, dans aucune repro, aucune image binaire à pixel, aucune copie possible aussi extravagante et spectaculaire soit-elle. Là, et nulle part ailleurs. Le temps s’écoule, ou pas. Disparait aussi ? Et rien d’immobile, ni le tableau, ni moi.
Agitation folle de mes pensées et de mes cellules, du courant d’air à gogo qui nous éparpille tous les 2, autour du lien, les couleurs, les molécules et électrons là-dedans, tout bouge follement dans un vide, imaginaire. Je sens un débordement lacrymal. Je pleure ses couleurs, un empâtement de sentiments me coince les conduits, je m’en étonne, je ne comprends pas vraiment. J’expérimente un état extatique. Ma drogue. Méchante et sublime drogue.
Je quitte le musée, quand, comment, vers où, aujourd’hui, je ne sais plus rien de ce détail d'un temps décousu, fils qui pendouille. Impossibles directions sur un rond-point qui tourne carré quand 2 et 2 font 16. Seule l’émotion tient ma tête, jamais rangée, à portée de mots, en surface quand je plonge dans mes songes, comme une bouée, un repère.
Se répète (pour qui me connait, un peu) sur mon parcours d'écriture, à chaque carrefour (au n° 16 de ma vie).
Oui, OK, mais le chat alors ? Plus tard un nouveau chapitre-blog ?Déjà, ci-dessus, le plein de pistes et indices de cette connexion, il me semble.
Dans ma cuisine, à venir peut-être dans mon schéma policier (aucun coupable possible. Qu’une enquête labyrinthe) de mes connexions imaginaires, et dans le désordre : Le foot dieux et Cie, les tyrans ordinaires et leurs esclaves, les réseaux, l’IA, Shell et Erquy (Compostelle-maison), indiens d’Amérique et la nounou micmac (peuple Algonquien) d’une pianiste extraterrestre, terre plate et esprit vide, Moultes péripéties d’un méta-gag qui gangrène l’humanité ? La fin de l’art pictural (expo Trafalg’art), la fin des comptables, fin du chat et ma fin. Un caillou lisse et noir dans ma poche de pardessus (le vide de mon être) avec l’univers, multivers, et la galaxie d'où je viens peut-être? Le nombre 16 et le chiffre 4. Le pQf et les courant d’air. Le flou de bougé et la disparition du temps. La vie et le rien. « Etc » et moi.
La bise pQfment,
tHierry
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