Prélude au texte "Comment je peins (dans ma tête)" que je peine à conclure.
Peindre, écrire, encore possible ?
Dans une société où la peinture - art ? - n’existe plus, où plus personne ne lit, vraiment.
Peinture, voyage dans l'immobile, temps suspendu, avec ses reliefs, ses glacis, lumières piégées qui circulent, indécises, des traces d'une échappée-belle, et quelque part, une empreinte mentale, ou poétique ou ? qui touche ou effleure le mystère. Elle disparaît des yeux. Quand aujourd'hui, le quidam, juste, jette un œil, illustration d'actualité à binger, scroller. Ou bidules pour milliardaires en mal de spéculations audacieuses.
Littérature ? Lecture diagonale en mode action, style US-Trump au galop-cliché permanent.
Le cinéma, pareil. Tire-larme, rafale de rires, action-violence, big budgets pixel. Qui force sa veine spectaculaire pour survivre dans un tsunami de séries, à ras les plateformes payantes pour phones en surchauffe.
Musique ? L'IA aura sa peau.
Et cætera ...
Quelques résistances, peintures, livres, films, pour combien de temps encore ? Quand plus personne ne trouve le "temps".
Poubelle Chardin, Cervantes, Jarmusch. Bientôt. Quand un travail d’imagination – art ? - demande une attention confiante, une totale disponibilité. Un voyage intérieur, souvent plus lointain qu'un petit tour géographique autour de la planète bleue. Qu'elle soit à feu et à sang, ou derrière la vitrine d'influenceurs en mode Quatar.
Peindre, écrire, que pour soi, que par nécessité, par besoin, envie, plaisir ? Et savoir tout ça plus jamais à partager, laisser vivre par l'autre ? Seul avec cette projection d'égo. Possible ? Même, "que dans sa tête", me demande maintenant un effort nouveau, un élan à inventer.
Oui, mais :
Les tableaux, mes toiles et planches, stockés accrochés empilés, me surprennent encore toujours et, tellement étrange, me plongent dans des pensées sans fond, ou sans fin, qui me plaisent, me suffisent. Mon travail, miroir qui voyage dans mon temps de vie, me ... ou mieux que ça ?
J'hésite. Je cherche une clé. Je devine une intention bien cachée. Vivre assez, encore, pour enfin laisser faire, créer, être.
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