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Je résume, là, à presque 63 ans (mort de Rembrandt H.V.R) avant disparition du "comptable" (because retraite à l'horizon). Un point que je revendique pleinement pQf ?

 

 

 

Je résume.

Écrire, peindre, pQf et, disparaître.

 

 

 

 

J’ai commencé avec des mots dans des bulles que j’accompagnais de mon trait de crayon, de couleurs, bien avant 10 ans. Plus aucune trace de cette période. Puis des textes en quantité, d’ado, du papier tout encré, du feutre, qui, 17 ans, quand enfin je dispose d’un espace perso, couvrent mes murs et remplissent des cartons. Pas besoin de causer quand je reçois. ouf ! Suffit de lire mon mur.

 

 

Je résume.

 

 

Le 1er GROS texte (en « dur » dirait Simenon), je le commence vers 19 ans, environ. C'est vaguement une histoire d’asile dont on veut s'échapper, écrite par un fou bien entamé, abimé, perdu. 1er travail-plaisir très influencé par Boris Vian et, le film « vol au-dessus d’un nid de coucou » (vu à ST-Jean-de-Mont). Texte de ma main, très raturé avec collages dans tous les sens, que ma sœur, secrétaire dans un cabinet d’avocats, va mettre « au propre ».

 

 

 

Pour cette 1er tentative d’être publié, d’apparaitre, j’envoie partout, et ma sœur m’y encourage avec enthousiasme. Elle me loge. Les parents ont fui l’IDF, loin. Elle est malade, très. Plusieurs titres vont accompagner plusieurs versions de ce texte. « jaune bémol » est l’un d’eux. A cette époque, je deviens comptable, BTS, sans trop le savoir, comprendre, l’imaginer.

 

Parce que, en vrai et surtout : J’écris, et je peins de plus en plus. Et l’évidence d'une suite penche nettement du côté d’une vie bohème, «artiste» en roue libre, puissamment foutraque. Une échappée-belle qui me sauve de cette humanité que je crois alors « bête et méchante », et plus tard, très vite, que je sais crédule et adolescente pour sa partie apparente (version iceberg, j’espère mollement encore aujourd’hui).

 

 

 

Je résume.

Les mots me protègent, très tôt.

 

Transparent, isolé, spectateur, au sein de ma famille où le « papa » (qu'enfant je vais appeler par son prénom. Et ne me demandait pas pourquoi ?) se décide et désigne centre du système planétaire, « soleil » très agité et créateur, destructeur aussi pour faire la paire.

 

Je décide de ne pas me griller trop vite, mental et confiance-en-soi, et j'installe un blindage autistique autour de mon cerveau. Pour se faire, quelques extra-terrestres à plumes chevauchant du dada sur plaine à bisons et autres casqués viking, m'aident dans cette intention. Après une installation de haute volée technologique, j'en perds de la visibilité. 0 pragmatisme. 0 sens de la réalité, de moi et la société. 0 accroche "habile" avec mon prochain. 0 ambition en "réussite sociale". On peut pas tout avoir ... J'y gagne une panoplie de modes de vue : presque net avec lunettes, myope, hypermétrope et astigmate, selon sélection sur tableau de bord de mon engin extra-stellaire. Et, le principal, je découvre le flou. Les flous de bougé, de mise au point, moral, originel et d'autres nuances. Amorce d'un feu de pensées qui donnera le pQf.

 

(C'est top, j'avoue, de multiplier les points de vue et mises au point, dans un monde que voudrait figer une humanité doctrinaire. Pouah ! dixit Cochise une nuit sans lune).

 

 

Je résume.

 

 

Pelote de mots que je tricote. Fil que je tisse plein des pages blanches. Un habit confort, plaisir, protecteur car isolant. Syntaxe et vocabulaire que je bidouille à ma convenance, sans prof pour noter, sans personne pour juger. Sinon une sœur conquise par un petit frère ivre de liberté. Les mots me saoulent et, cadeau, même pas de gueule de bois, juste une mine de papier mâché.

 

Résultat de nuits inspirées, extatiques, hors le temps à l'abri des crocs du Cronos roi des Titans (dont je vais peindre la chute X fois et qu'un collectionneur et peintre japonais va s'enticher d'une toile-bois, achetée galerie du Temple), des nuits coincées entre 2 cauchemars de jour, tous explosés sous bombardements de chiffres.

 

 

 

Je résume.

Et puis, oui, donc ...

 

Je peins. Toute une enfance, adolescence, noyées sous pigments dans les parfums de peinture, essences huiles vernis et térébenthines, à visiter musées galeries foires expos et le nez, collé, sur des livres d’art ouverts ou pas, sur les tables prototypes, créations du papa devenu designer, qui meublent nos nombreuses locations.

 

Jeune adulte, je vais mettre le turbo. Contacter toutes les galeries encore nombreuses sur Paris, puis l’Europe, Londres Berlin. Et NY. Des retours, peu. Des touches, sans suite. Je collectionne - peinture et écriture - les courriers navrés, les échecs non calculés. Je flambe mon gagne-pain en dossiers, poste, matériel peintures. Des expositions que je force, qui, au-delà du retour poli, ne séduisent personne. Un temps, j'abandonne le "gagne-pain" et tout au fond, de moi, de cette vie de tranchée, je creuse encore. M'y casse les ongles la vue la santé. Et la raison ? 

 

 

 

Je résume.

 

 

Mes mots, mes peintures, tournent vinaigre dans ma tête. Je dois cloisonner pour ne pas devenir vrai-fou. Après la traversée d’une période noire bitume, j’expérimente jusqu’à obtenir l’excellence, une apnée comptable. Ne pas respirer en milieu gagne-pain, juste d’une bouffée d’air, d’expirations cachées, WE et nocturnes.

 

 

Je résume.

 

 

 

Petit à petit, sur le fil des mots, de texte en texte, à nager dans mes couleurs, mes essences et huiles, glisser sur du lin, mes yeux explosés et mon cœur jazz free, les neurones en surcharge chimique électrique, je crée mon radeau pQf.

 

Un texte fondateur avant l’an 2000, je crois, une "nouvelle" ou semi-poème dans ma veine ado, sur mur, que je prolonge, qui me voyage, dans un souci permanent de n’avoir aucun contrôle sur cette navigation.

 

 

Je résume.

 

 

Et voilà, je vais disparaître - oups ! - couler, avec ce bagage. Quelques tonnes de peinture.

(Peinture : Art disparu depuis peu, avec quelques soubresauts très bricolés du tombeau, du spectaculaire comme un final de feu d’artifices. Que des artifices, donc.)

Et, disparus, quelques kilos de papier et d’octets. Des armoires tiroirs remplis d’habits moins confort, moyen plaisir, et plus du tout protecteurs ni isolants. Habits usés, déchirés, hors mode passée ou à venir. + quelques 300 articles blogs pQf et autres, 2 sites "peintures + etc". Et tout ce que j'oublie, tout ce que la mémoire efface au fur et à mesure. 

 

 

Je résume.

 

 

En cours que je ne me vois pas, aujourd’hui, finir, 4 pièces de théâtre, 5 récits-romans ou OLNI (Objets-Littéraire-Non-Identifié) et, des trucs finis, pas relus-corrigés-peaufinés, dont je peine à reconnaitre l’existence.

 

Et, dernier rejeton, qui date de janvier 2026 : « Ne pas mourir, et, le moins possible souffrir » Une sorte de « Roman fiction anticipation policier » qui trouve sa source dans l’idée d’une résolution, en mode début d’année, totalement absurde. Déjà, début mars, je bloque.

 

 

 

 

 

Peindre encore ? Clore la saga méta-gag pQf ? Le plus dur à savoir sur ce radeau avant la mer, et l’abysse, est d’accepter son état animal de mortel, d’accepter LA question sans réponse. pQf ?

 

 

 

 

pQf ?

 

 

Pour Quoi Faire ? Pourquoi faire ? Question miroir à réfléchir, en toute transparence. Mouvement Poétique Quasiment Flou. Essai anartiste d'art à dada sur pas grand chose ou, presque rien, à cru sur une vague torchée d'écume. Surf sur radeau coulé d'avance pour quête abyssale, aléatoire. Processus créatif hasardeux et dispendieux, colle à la vie, sa nature et mon instinct. Un Flou terrible ou/et merveilleux m’a submergé et maintenant, me dirige. Hors cadre, marché, temps-tendance, reconnaissance. A défaut d'apparaître, ne peut pas disparaître ... 

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