Il faut un titre ?
C’est une N(p)M (dans mon dico intime, cadre PQF ?). Peut-être un vieux couple qui a la banane ? Ou apnée prolongée en milieu peint ? Je pourrais répéter l’exercice des mots, que je ne trouverais pas comment dire totalement, dire juste… comme j'aime tant dire.
N(p)M, nouvelle « Nature (presque) morte » ou, Still Life (but not so much) qui prolonge une longue série commencée juste quand je commençai l’écriture de mon journal de bord du PQF ?
Sur ce format 46X46 inches (merci Miss C.Brown de m’avoir inspiré cette nouvelle unité de mesure) le dernier motif peint est cette tête de poisson qui sort la tête du hors cadre où je me situe, en bas, centre. Poisson en apnée dans la peinture. Sort la tête de Rien, pour voir Tout ? Tout voir de ce qui s'agite dans ma tête ?
Ce motif tient tout le reste. Du moins, dans ce que je vois maintenant. Hasard ou pas, imposé par ma logique interne de construction ? D’abord la banane en papier kraft, marouflée, puis de nombreuses figures, maintenant effacées, et ces presque têtes de mort, tête de Rien à deux dimension, deux têtes. Elle et Lui ? 2 très très vieux en joie ? En vrac ? En délire ? Couple qui se prolonge, s’éternise, se colore à l’infini ? Je ne sais pas. Tombé là non pas après une visite chez Ensor, mais dans un musée belge où je rencontre ( Bonjour Monsieur ? Madame ?) quelques têtes d’Amérique du sud, comme sorties d’un tintin ou cauchemar de l'affaire tournesol ?
Elles m’ont tenu la tête jusqu’à sortir sur ce tableau. Un poisson avec arête colle à la banane, et l’autre (qui "tient tout") s’impose juste après.
L'ambiance ? Tout a commencé en rouge. Très chaud. Matière qui retombe sur elle-même, four à molécules toutes pensées, fabrique les éléments complexes de ce qui se compose ensuite dans le carré, mon carré d’être. Inspiré par ma lecture actuelle d'un TXT fabuleux... qui dit ce comment, peut-être, un jour qui n'était pas, le temps est apparu, le temps et l'espace et dedans, la matière. Le possible et fameux big bang ? Que j'intègre à mon LB, little bang. Et avant ?
Avant n'existait pas, puisque Chronos n'existait pas, encore rien à mettre sous ses crocs... Pas de temps, pas d'histoire, aucune narration. Rien ? Non... peut-être l'Energie pure, ou pleine ? Que ça... Alors pourquoi autre chose que ça ? Pourquoi tout "bouger" ? PQF ? TXT ne croit pas au hasard. Moi, je ne sais pas...
Avant, sur cette planche, mon tout "petit"(relativité restreinte) morceau d'univers. Mon Univers. Un peu insisté sur le rouge, puis les couleurs. Je maintiens une réserve de rouge. Et puis, cela ne tient plus, et je déborde. Je reste dans un partage chaud froid, avec du tiède pour maintenir l’ensemble. Les têtes n’arrêtent pas de bouger. Une trace de main, droite. Et beaucoup plus tard, la gauche. D’abord un signe, pas de lien avec tête. Puis un lien, un écho. Et pour finir les deux mains. Empreintes festives ? Ludiques ? Désarticulées ? Inscription de mon outil principal, d’une signature mélangée. Un signe… de mes mains, grasses et pétées de couleurs, posées, déposées. Des éclats de couleurs de plus en plus, s'imposent se disposent, se reconnaissent échangent, et prennent l'espace entier. Evidence. Hasard ou pas ? Je ne sais pas plus.
Je peux dire encore beaucoup de cette planche. Chaque fois que je m'attarde sur elle, m'y accroche, une lecture me vient. Des fils et connexions toutes neuves se créent, prolonge une vision... Finie ? Je pourrais beaucoup dire sur sa lumière, venue petit à petit s’installer, prendre ses marques, qui bouge à chaque instant du jour, de la nuit, et que cette image pixélisée ne peut pas rendre.
D'ailleurs, j’ai passé cette nuit dernière à son chevet, pour la voir bouger. Comme certain que j’allais finir par la voir s’animer, au moins bouger dans mon os de crâne.
Et…
Mais ça, maintenant que le temps existe et que je bouge dans son ventre, en pleine digestion, c’est une affaire entre elle et moi.
N’empêche, dès que sèche, je n’hésiterais pas à l’exposer (je fais galerie chez nous) à me séparer d’elle, la vendre ... la savoir disparue.
Dans une cave avec tellement d'autres planches, jusqu'à ce que moisissure-chronos ne la mange, ou,
sur un mur que je ne croise jamais, sur lequel je n'aurais aucun droit de visite.
L’autre planche ?
L’autre planche, peinte dans le même temps, même espace, même matière. Dessins avec fusain et mine de plomb sur papier Kraft, motif de papier plié bateau, acrylique au couteau, épongé, raclé. Je maroufle sur bois avec une foule de bateaux et copies de photos, maintenant presque totalement disparues sous les huiles successives. Un oiseau apparait sur le tard. Collé en tête suite à une visite maison familiale, juste quand je la quittais. Mort près de la grille. Des empreintes.
Voilà la base.
Le reste, je vous laisse le rédiger à travers vos yeux.
Manquera sur blog, dommage, la lumière… La lumière qui voyage dans cette matière à différentes facettes, textures, couches... Lumière qui dans ce cas de figure, de peinture, comme le poisson en bas et au centre de l’autre planche, ici, tient tout.
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