47 ans, je fais le point, et je m'enrhume.
Pas que je compte, compte, y voir plus clair. Au temps de l’autofocus à tout crin, je n’y vois pas goutte. A minima, que la mer... Myopie astigmatie hypermétropie, et maintenant, la cerise sur matière grise, une belle presbytie toute neuve. Que je rôde sur des kilomètres de lignes. Il faut jongler avec mes yeux et ce qui défilent plein écran. Je tourne manège la bague de mes mises au point. Lunettes et lentilles, masque de Zorro sous l’eau à dada sur un hippocampe géant. Tornado ou Pégase ou, Rossinante ? Je crée mon vertige. Un vertige d’être. Je vois multiple et avarié, différent, parfois juste, comme par hasard. Par hasard ? Courant d'air, et je m'enrhume. Une piscine de trop, hier soir. La lune était grosse. Et le trafic parisien perturbé et dense.
8h30 : installé sous clim, je m’offre café et croissant à mon bureau. Très festif. Le nez coule, très ludique. Je vise du surplomb tarin, bi-canon, une ribambelle de chiffres. Et puis je colmate comme je peux. Je tache. Je tâche. Pas encore toucher à ce qui me rémunère, car j’écris.
J’écris en même temps, des temps, dans ma tête et en pixel sur le ci-présent
« Textes à courre 2010 », comme j'écris régulièrement sur mon
« PQF ? tome7 », ou le tout nouveau
"bile en tête" (oui, 1 seul "L")
Et comme j’écris des fictions en vrac et ordre dispersé :
" Journal au fil de l’eau " (normalement à deux ? ET pas que de la fiction dans ce cas précis)
" Elle n’aime pas les riches" (ex « le dictateur et la démocrate », ou sous-titre à garder ?)
" La loi intime de la gravitation "
" La loi de Dalton "
" Icare à dada "
" Marre du Homard "
" La prophète et son secrétaire "
" Le plongeur masqué "
Et je compte bien relire corriger et réécrire, un jour, et des nuits durant :
« Et, un hiver à Canberra »
"Spirales"
et
« jaune bémol » (mon premier gros machin).
Les plus avancés ?
Peut-être « je vais dormir » et, qui date un peu : « la prophète et son secrétaire».
Mais, « elle n’aime pas les riches » me titille pas mal…en ce moment.
J’écris, et je voudrais peindre bien plus. Beaucoup. Mais manque le temps, l’argent pour le bois les matières, les fioles et alambiques qui déjà me ruinent, m'épavent sous glacis... manque l’espace…interstellaire ? Manque l’Idée motrice, je cale en chemin. Je peins de traviole, presque au hasard. Hasard ? Peins, photographie, sculpte, filme… en confettis.
Ce terrible "argent" qui depuis les huissiers les dettes les menteries et blabla aux banques, sous-traitants, de mon paman, quand enfant, quand je découvrais et déménageais sans arrêt, géographie et tête, me préoccupe que de trop. Car aussi, depuis quelque temps, je veux m’acheter à deux² un pied à terre, une palme sur mer, sur un bord de Manche. Je n’ai pas de racine, seulement trouvé un caillou, du gré rose. Et comme une algue qui s’accroche, je laisse courants et marées me balader les sens. Je respire enfin, après 47 années à chercher le bon mélange.
(Il y a peu d’ailleurs - WE dernier - j’obtins ma certification nitrox un mélange d’air suroxygénée pour prolonger les futures plongées. Mais pas ça… Ou, pas aussi bien.)
"Deux²" parce qu’elle, tout plein ma vie, mon présent, un quotidien de jolies et tendres habitudes…
Une vraie sirène, pas comme celle qui regarde fixement l’entrée du port, tout au nord, queue en vrac sur la berge désolée, empierrée... plus qu'un bronze du cul de Chronos. Que tout de même, j'affectionne beaucoup.
Elle... elle me lit entier, me regarde qui bouge sans arrêt, m’apprend (comme elle peut). Et j’en fais tout autant avec elle. Pour elle, malgré mes peurs, pour la suivre (comme je peux), je plonge (partout sur cette terre noyée) et monte au ciel (pas loin de la sirène devenue bronze). Et j’attends chacun de ses rires, comme une récompense, un cadeau de la vie. Une vie avec le plein de bulles, légères, explosives.
Curieux deux²?
Pas assortis ?
Mais étrangement beau. Définitivement beau.
Que j'aime voir vivre... changer... bouger, grossir du sentiment.
Elle me soigne, un peu. De ce que le temps nous abime. Car il m’arrive… que je baigne dans un fond de mélancolie. Ou iI se peut, des fois, que… j’autiste comme un ours sur sa banquise. PQF ?
Parce que 47 ans et pas de réussite... sociale ?
Que mes mots, mes couleurs, pour "faire" ma vie ?
Sans famille de ma fabrication, sans véritable métier, sans reconnaissance ?
Non, et oui... je ne sais plus. Et je ne sais pas. Et pas si grave.
Petit à petit, je m'allège de ça.
Bien que, 47 ans,
et je pense malgré moi, à celle et ceux, qui … magie noire, ne comptent plus rien…Echappés du temps. Et de mon espace. Mes cadavres. Tandis que je compte encore, que je conte encore, en croches anicroches et… silences. Musique intime, vibre dedans tout mon être. Un air de rien sur lequel je danse encore. A perdre souffle…
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