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Suite à une interview du peintre Y. Pei Ming (né 1960) et une visite de     galerie qui expose P. Pasqua (rue Callot, et presque vu idem il y a peu, rue Mazarine, oeuvré par un moins « coté ») + illustration : oeuvre d'un italien, dans une galerie à Paris, 6ièm.

 

Je ne sais pas. Ce pourquoi je peins, je crée, je crois à ça. Je m’accroche encore. Le plaisir ? Beaucoup de ça. Que ça ?  Pas pour s’inscrire dans une histoire de l'Art. De la création, peut-être ? Une certaine histoire. Comme Rebeyrolle, dont j’aime de plus en plus le travail, les mots, une attitude, « je suis mon chemin » et que ça qui m’importe. Tant pis pour les dégâts (privés). Un résultat… médiocre ? 

 

Quand je découvre le "succès" de Koons le « candide » patenté, Hirst le boucher (qui s'écrase le nez contre la vanité et croit l'inventer ?), les YBA Cie, Barney le sportif, ou Hybert et d’autres, comme hier Basquiat, Buffet, Warhol et encore tellement d’acolytes, je sens bien là, olfactif saturé, qu’un effet de manche et de marché. La volonté des Saatchi Walsh Pinault et équivalents. Une vague de mode qui implose contre Duchamp, fantôme et mur de béton.

 

Soulages sous l'azur s’obnubile dans le noir tandis que Klein fera bleu ou feu, ou Fontana crèvera sa toile, Ben et litotes, ou qu’importe la marque de fabrique, pourvu qu’elle marque… se conserve, en boîte de musée, de sapin.

 

Quand je vois les travaux de Yan Pei Ming, ou Philippe Pasqua armés de spatules, je vois bien la répétition, une nécessité intime, dont je ne doute pas ou pas toujours, qui vire au décorum. Hurler pour se faire entendre. Ils suivent derrière Warhol et sa mode de la négation, usinée, enfantine, l’autoroute des suiveurs, Warhol qui encourage son poulain Basquiat et le flambe comme un phare. Luciole dans la nuit.

 

Difficile après Rembrandt de dire l’être dans l’empâtement d’un visage. Cet homme tout seul dans son coin de capharnaüm, brouillon de vie, dit sa lumière. Et la dit avec éloquence. Avec une poésie qui me tire la larme, à moi quelques siècles après lui. Ce peintre laisse les interstices, les fêlures, pour que nos yeux transpercent un morceau de mystère. Il ne sait pas le mystère, il le suggère avec d’infinies précautions dans une manipulation acrobatique de la matière. Il cherche. Il ne cache pas qu’il cherche… sans rien trouver que ce morceau, trognon, de mystère. Peut-être soupçonne t'il que la question n'a pas de réponse ? Il s'est perdu. Et tellement loin de moi, il finit par me toucher. Je sens sa peur, sa surprise et la mienne, de cette rencontre improbable au bord d'une question sans réponse. Au bord de notre chemin... commun ?  

 

Tellement peu cherchent vraiment. Se battent ou jouent avec la question de l’être, en s’y abandonnant totalement. Sans filet. Francis Bacon tente aussi LE voyage, comme partir seul, droit devant, sur une terre plate avec une espérance folle de la découvrir sphère. Il essaye de se surprendre et choisit l’aventure de la création.

 

Comment savoir encore, aujourd’hui, qui tente quoi, pourquoi ? Hier, le créateur s’abritait derrière un métier, une commande, le désir d’une église de se répandre, d’un mécène d’épater. Il y avait le cadre, et le jeu d’y cacher son voyage, des trouvailles, un talent, une virtuosité à dire autrement et à créer comme la nature (la vie) peut créer. L’argent ou un dieu quelconque, donnaient lieu de paravent et de subterfuge.

 

Maintenant, il me semble, trop souvent, que l’argent prend toute la place. Et le créateur est celui qui crée la valeur, marchand ou collectionneur ou un quelconque énarque et décideur étatique. L’artiste ? Le paravent et le subterfuge…

 

Je ne sais pas. Mais, je sais que j’empreinte et que j’avance vers là, où le vide m’aspire, m’inspire. Sans doute pour ma perte ? Mais ça, d’avance, je le savais déjà.

 

Je pense à cet encouragement récent d'une presque proche : "je te vois tout seul ramer sur ton radeau". Et je me dis que l'encouragement consiste à ne pas me dévoiler les détails qui me coulerait, aussi "sec". Comme quoi le ciel tempétueux va noircir mon humeur pire que déjà, gommer l'horizon et embrouiller les vents, va faire pousser sur la mer une déferlante géante qui me plongera dans un abysse bis, tandis que voulant l'éviter, con que je suis jusqu'au bout, ma rame vermoulue aura viré poussière dans mes mains. Rame ou spatule, brosse ou pinceau... ou l'éponge que je vais rejoindre tout au fond ?

 

 

ps : vu hier dernier Kaurismaki. D'une poésie (presque PQF?) trash ou true, me troue encore pareil le coeur. Hors du temps, radin ou/et sobre. J'assiste plan après plan à ce comment l'auteur pose avec humanité les objets de sa création dans un bain de lumière toute bricolée. Une lumière faite main, avec des scories, des bouts de mots qui dépassent, un fantôme qui se fait flashé-piégé. Etrange et beau. Rigolo et bluffant. Qui me colle aux pensées...


 

PQFment... que moi ?

tHierry moinerveux 

Tag(s) : #Art actu
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