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D’abord ce 3 juillet 2011, la foire aux peintres, d’Erquy.

Pas de doute : c’est bien la foire. Heure de départ 9H. Alors j’arrive à 8H45, pour faire à l’aise… Ben non ! Grave erreur, car ils sont déjà tous installés. Comme dans leurs meubles, des nids d’oiseaux pélagiques. Accrochés à leur coin de falaise, à la grille, sous un parasol géant, dans leur empreinte. Je suis le super novice, ici. Avant l’heure dite d’installation - levés à l’aube ? - ils ont choisi leur place, non numérotée, et me voilà tout au fond dans un coin de courant d’air et d’ombres.

 

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Pourtant, la dernière fois - à Versailles ? - je m’étais bien juré de ne pas récidiver. Je ne colle pas. Et je décolle très vite pour chuter très bas. J’en sors toujours tout penaud, dépité, abattu.

Enervé, je perce deux tableaux. Des pitons achetés sur le tard et choisis trop longs. Je pense à autre chose qui ripe sur d’autres machins, et du coup, la tête ailleurs, je perce. Je sais d’avance que je ne vendrais rien, pas même une carte postale. C’est incroyable comment, dès le matin, je pressens bien la suite de la journée.

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Un gros coup de vent anime un peu la foire, avec du fracas et du bris de verre. Un exposant se déplace et un autre tombe sous la casse. Les rangs s’éclaircissent et la concurrence s’efface ? Même pas. Peu de visiteurs achèvent le processus. Il fait beau. Horaire de plage. Pas de pub. Dimanche Al Pacino. Je m’occupe en créant une installation « Lourtuais à vélo ».

 

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Je ne sais pas comment ni pourquoi, me tombe en tête, je pense et visualise le requin suspendu dans un bocal de formol à 8 millions de dollars (environ) de Damien Hirst (1991). Il y foire et foire, marché et marché. Après Duchamp, plus que l’argent qui décide et choisit de quoi se compose et se décompose l’Art. Les papes ou les Medicis demandaient encore quelque avis. Les factories employaient tout autant, mais autrement... Tout le long de cette après-midi, je lis des propos de collectionneurs et marchands (galeristes) à grosses pointures (un gros Taschen pas cher). Ils débordent d’assurance et de certitudes. Voilà les « vrais » artistes ! ? Je me sens drôlement paumé, ici, dans mon désir de vouloir vivre de mes barbouillages, percés.

Je fais un petit tour parmi mes « collègues ». Des associatifs qui montrent leur travail, dames bavardes qui s’épatent avec du glacis bien léché, de la ressemblance presque photographique, ou des pro de ce genre d’événement, suréquipés et armé d’un blabla sur mesure,  avec qui parsèment les rangs vigilants, quelques égarés (comme moi). Le requin nage dans d’autres eaux.

Le 1er prix (350 euros contre le tableau…) est donné à une artiste qui peint des fleurs blanches. Je n’ose pas me commenter ce que je vois. Plus la peine d’aller plus loin dans mon amertume. Je ne sais plus quoi comment faire, ni où être, un peu, juste un peu. Ma confusion touche son paroxysme. Je pense à mon site sur lequel je trébuche et dans lequel je naufrage. Pas prévu de bouée de secours, de feu de Bengale, de radio branchée, et autour de moi, je sens qui nagent, affamés, un ban de requins-pitons-trop-longs.

 

 

Chapitre 2 : LE Tour de France

Le six, les cyclistes peinent en arrivant sur la chapelle des marins, saturé autour de public. Drôle de voir autant de monde ici, si vide d’ordinaire. Je découvre le tour et la « caravane » du tour… Avec cochonou, la gendarmerie souriante, haribo et les banques, et un tas d’acolytes venus en nombre, bien déguisés, customisés. Et devant des projections de casquettes ou cochonneries, je découvre les gens qui se jettent pour ramasser, prendre au vol… Et presque se battent avec le sourire, arrachent des mains d’un enfant à tête blonde l’échantillon de lessive ?

 

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Là, une dame bretonne essaye de soutirer un paquet de sous le pied ferme d’un allemand, bien décidé à ne pas lâcher le morceau,  avec ses dents bien apparentes. Il va la mordre. Si elle insiste encore. Je n’en doute pas, il va la mordre. Elle dit « oups ! » et s’en va à d’autres projections. Puis en 5 secondes que je filme avec en premier plan ma promise, les proS de la pédale en masse bien serrés les uns contres les autres nous passent sous le nez.

Quelques retardataires roulent plus doucement, et se laissent mieux voir… avec toute leur peine de retardataires… et du coup, sont très applaudis. Voilà, fini. La foule explose. Plus personne.

 

Le tour de France, cela reste un souvenir d’enfance. LE souvenir de mon papa qui sans TV, un bout d’été avec nous, sur un bord de mer où il reste enfermé entre 4 murs à travailler sur sa planche, s’achète tous les matins le journal l’Equipe pour suivre au plus près l’événement. Il y a comme ça peu de choses qui peuvent de cette façon presque violente me ramener à cette enfance-ci, de douceur, de paix entre nous. Il y a dans ce grenier, LE tour, les chichis, et quelques odeurs de peinture où trempent quelques tubes de couleurs. L'équipe nationale de hollande orange, de foot, dans les années 70 ? Quelques trucs...

 

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J’en retourne à mon chantier de site, devant l’ordi. Ma période d’essai (30 jours) dreamweaver/ Adobe s’amenuise vite. Suspense ! Que vais-je mettre en ligne. Le site avec gravats et ici ou là, du dégât sans solution ? Je bricole de mal en pis. Enfin, au moins, j’ai trouvé mon Achille Cul de Sac parmi mes 9 têtes de Rien. Pour mise en scène, pour l’instant, j’opte pour du sobre. Sa tête dans une coupelle, qu’on va supposer entre nous, connaisseurs du PQF, d’argent.

 



 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Egarements sous contrôle
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