1 - La leçon de mon expo/Erquy : avant, j’imagine à plein régime. Mais, confiance en soi à zéro, je me passe en boucles mes expériences précédentes avec échouages et naufrages en série. Je suis fébrile. Je suis excessivement, fébrile. Et puis, j’installe, j’accroche. La lumière habille. Je découvre presque. Je prends mon pied. Et je conceptualise à gogo avec gag/métagag (pQf) façon mille-feuilles. Pliées ou pas, bateau ou bestiaire. Mer de mots froissés, qui finalise l’écrin-murs. Confiance à bloc, les idées se bousculent. Le mouvement se crée. Je crée. Et je m’épate, commence à y croire, y crois totalement. Quand je vois que « personne » ne vient voir, je veux mémoriser, faire trace, un « book-filmé » de l’expo, capturer le « mouvement » dans un formol d’octets. Mais clairement, je ne maitrise pas les outils adéquats, et surtout, je dois accepter qu’il n’existe pas de support qui permette le transfert intégral de ma « peinture/huile », de mon expression, sans l’abimer, sans l’annuler ou la tromper. En « démontant » l’expo, je sais que tout va disparaître à nouveau, dans l’oubli d’un atelier, d’une cave, d’un grenier. Sans l’écrin, l’expression devient compliquée d’accès.
2 - Pas désuet donc, pas plus qu’obsolète. Nos yeux regardent sans voir, ou ce que nous voyons nous échappe malgré nous. Yeux et cerveau branchés sur d’autres câbles. Nous n’avons plus la bonne prise. Le contenu est préservé, mais n’est plus accessible. Oui, j’imagine bien le sale coup (qui me frappe, et me tracasse à répétition) comme ça. La matière Art n’est pas (totalement) perdue, seulement, n’est plus accessible … Reste le flou, derrière l’écran. Une image, une trace, une vague idée narrative et lointaine, sinon singulière, du travail d’un artiste. J’imagine. J’imagine seul ?
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