Le bateau papier plié dans une tempête de couleurs.
huile sur bois 90x90, avant 2012.
Parfois vous êtes perdu, mais « perdu » avec bonheur. Chahuté par ce bonheur, le plaisir, l’envie, l’espérance la plus folle qui soit. L’imaginaire en roue libre, vol plané. La tête en vrac et les pensées en mouvement, zigzag. Perdu et dispersé dans tout, avec tout, partie prenante du Mystère, en connivence, en lien, en confiance. La vie à plein régime, la vie dans tous ses états. Malmené, froissé, fragile. Et convaincu de sa force, sa résistance, que la vie très savante et adroite vous protège malgré tout, malgré son grain de folie. Ou parce que son "grain". D'avance, vous êtes sauvé. Et d'ailleurs, qu'importe le dénouement. Sauvé au-delà d'une existence, hors le temps car échappé de l'instant. Perdu, mais aussi, tellement bien. Tellement que peu importe la bousculade, l’esprit en vrac et les cabosses. Perdu dans la création, une création perpétuelle et chaotique. En feu, dans un souffle.
Et puis ...
Et puis, quand les couleurs changent avec la météo, que tout devient vide, plat, calme et presque immobile. Indolent. A quelques deuils de là, du noir de bougie sur mes pensées, sous un ciel bleu et froid : Je me sens perdu dans rien. Seul. Trompé. Trompé moins par la vie, que par moi-même... D'avance, l'ennui vous désintègre et tout vous échappe. Dans l'instant, figé dans une répétition, hors la création.
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