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extrait de "quand le pion sera fou"

" Enfant, bien avant que je devienne un pion, comment je voyais ma vie :

Chevalier armuré de nacre, casqué de turquoises, affalé sur la table ronde je picole importé de la Havane un coca Caraïbe dans le graal après m’être escrimé à sang contre les flammes rouges d’un dragon ailé, tenue en laisse par ma princesse à queue de poisson, écaillée de près chez fish-beauty.

Cochise à cru sur un poney noir arc en main, vise un bison parmi un million et je réserve ma flèche pour l'intrus, évite mille balles des tuniques bleues à face de lune trouée de cratères, je cause couramment avec le crotale, vole dans la trace cirrus d’un aigle et abandonne son empreinte sur l’azur.

Astronaute en découverte d’extra-terrestres belliqueux, je tiens dans mon gant aluminium un morceau de Vénus tombé de la pogne de Vulcain, d’étoile ou de comète tombées de mes yeux et, avec tout ça, je charge ma fronde pour en option rafale perforer le néant qui nous sépare. Je froisse le temps qui en perd son fil. Je me pelote dans le chaos.

Aux côtés d’Erik le rouge qui sur la banquise, se tranche un glaçon à sucer en forme de crâne, tandis que son drakkar brûle dedans mortes, quelques velléités folles, de retour, de zénith, d’aurores toutes boréales. Nous flambons nos mémoires-icebergs.

Explorateur au cœur d’un volcan cramoisi, d’une jungle coupée qui saigne un fleuve bouillonnant, pieds cloqués par les cailloux du Gobi, je cours sur la mer Morte et redessine la carte d’un monde à rendre manège une boussole, où ni sud ni nord et pas plus d’endroit que d’envers et, dessus dessous, j’écrase sur chaque facette, précieuse, le pigment bien gras d’un arc-en-ciel.

Navigateur à la barbe en papier de verre, j’élime les vents sur un tritrèsmarrant que je voile large pour survoler les écumes d’un jour et, je plonge nez yeux mains dans le grimoire magique que me solde ma sirène en mal d'abysses, qui pique une tête et la mienne poubelle. Alors, la drisse accrochée au pied, aux filins du temps je me suspension et parenthèse, à point, avant de vieillir à rebours au fil de ma course dès lors sans queue ni tête, que le squelette des mots…

Ben !

C’est raté.

Mais c’est pas grave.

Parce que fou,

c’est bien aussi. "

extrait de "quand le pion sera fou"

Ce texte voyage à travers le travail d'une vie, d'un livre vers l'autre, jamais publié (ou tout comme ça)... du premier tapuscrit "fantaisie grave" devenu "jaune bémol", à ce dernier, projet d'écriture.

C'est très pQf.

"La vanité dit d'abord la métamorphose, l'instabilité des formes du monde, des articulations de l'être, la perte d'identité et d'unité, qui le livre au changement incessant; elle dit le monde en état de chancellement, la réalité en état d'inconsistance et de fuite, et du même coup, lié à ce statut, la relativité de toute connaissance et de toute morale" Louis Marin (Philosophe méconnu 1931-1992)

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