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Un palestinien en Bretagne.

 

Sur les rails vers le nord Bretagne, ensoleillé, je m’assoie à coté d’un voyageur perturbé. Ou excité ? Il ressent quelque difficulté avec sa valise, juste pas à la taille du train. Mais, après un effort pas dans les normes, il case celle-ci. Je ne verrai pas comment il sortira la valise super bien casée.

 

Nous partons. Plus tard, après un croisement ou deux, et nombre de politesses mimées, je m’aperçois qu’il ne pipe mot quand je m’exprime en français. Et, c’est lui qui entame la conversation, in English. Dommage que mon anglais date, juste périmé. Je me débrouillais dans mon 1er job d’après bidasse, quand les cravatés de Londres m’expliquait comment bien faire mon métier. Londres et Rotterdam, selon les jours. Réunion ou phone, j’en ai bavé.

 

Mais c’est loin et mon anglais est resté là-bas. N’empêche, je vais capter par bribes ce qu’il me racontera tout le trajet, le mien s’arrêtant à St-Brieux. Il continuera sans moi jusqu’à Brest. Palestine-Brest, dans la journée. D’abord son arrivée en France et ses difficultés à trouver quelqu’un qui le renseigne in English. Que du cru, qui l’eut cru, pas un pour l’aider in English dans l’aéroport. Dur moment de solitude, que je ressens dans le ton de sa voix. Un rien perdu, il finit par piger les subtilités de nos trains souterrains. Il trouve le tube plus compliqué, ça se discute. Il saute dans le TGV à la dernière minute. Il ne connaît pas la France. Il connaît un peu l’Europe, dont une université où il étudia dans les environs de Londres,  puis Berlin, Munich, ici ou ailleurs.

 

Il me demande ici, alors je lui raconte un peu la France, sud, nord, ouest et est. Nous sommes le lendemain de l’élection présidentielle, alors il me dit son contentement que pas  du Sarko à nouveau. Apparemment, il ne bénéficie pas d’une bonne réputation chez les Palestiniens. Sarko vue comme un homme trop partisan, pas assez partagé et pas à l’écoute. Je ne renchéris pas. Il fait tout ça très bien. Il dit d’autres idées reçues sur la France, L’Europe, dont le sujet de la nativité et des performances dans les différents pays. Je corrige ici ou là, je module ou, je laisse imprimé en état dans son esprit. C’est étrange pour moi, une fois de plus, d’entendre comment de loin, où je vis, est perçu. Ensuite, il me parle de lui, chez lui, et de son activité ici, en France. Il est de Bethlehem (d’où son intérêt pour les taux de nativité ?), ni femme ni enfant, mais une grande famille, 5 frères et 5 sœurs (je crois me souvenir) Il me raconte avec des anecdotes le tragi-comique de son quotidien. Les déplacements d’une journée, pour une distance qu’un touriste fera en 20 minutes, de chez lui à Jérusalem. Les soldats d’Israël qui selon leur langue native, leur pays d’origine (et il y en un tas) seront plus ou moins contrariants, dociles, mal lunés jusqu’à totalement bouchés. Il dit que tout le monde fume beaucoup à cause de ces attentes sans fin. Partager la cigarette avec le soldat, attendre et fumer, attendre et fumer toute la journée pour juste quelques kilomètres. D’ailleurs à chaque arrêt du train, il me demande s’il peut tenter d’en fumer une sur le quai. Je lui démontre que pas que lui dans cette dépendance quand, sur le quai on joue du coude pour remonter in extremis dans le TGV. 

 

Enfin il m’explique son association.

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Il rassemble avec d’autres, les enfants (environ 11ans) de la guerre à travers le monde. Il les réunit dans un pays de paix et de « fraternité » (ex : la France d’avant la pensée FN) pour leur montrer la vie autrement. Les éloigner, un peu, de l’absurdité des frontières des haines des drapeaux et des souffrances. Et son association compte réunir à Brest des Israéliens des palestiniens… et des bosniaques ? En octobre, je crois.

 

Il est souriant, toujours. Je pense qu’il est content de m’avoir trouvé sur son chemin. Mon écoute attentive, moi qui questionne, qui veut savoir malgré ma difficulté avec cette langue qui pour moi, date. Je souris. J’ai pas tout compris. Ici ou là, sans doute, mal compris aussi ? Mais cela lui suffisait. Il est bavard ou, a soif de dire… Il croit en un monde meilleur. Ça c’est bien, et heureux. Il m’apparaît lumineux. Et dehors, après un long salut, je m’aperçois que, pris par une conversation à bâtons rompus, j’ai oublié de lui demander son prénom, son nom, de lui donner le mien. Tout de même, je lui ai donné ma carte PQF sans trop expliquer. Je lui ai montré quelques repros de mon travail que j’avais à dispo. Il m’a donné la carte de son association. Et j’ai pris un cliché de son laissé-passé mega usé, presque papier mâché, qu’il m’a montré pour illustrer l’épisode des déplacements galères dans son tout petit pays, morcelé. M’a donné envie de voir de près, moi qui fuit comme la peste chaleur sèche et le ciel 100% bleu.

 

Voilà ! Gare de St-Brieux, je vais faire du stop. En tendant ma pancarte « Erquy » à la sortie de la ville, je me dis (ou redis) que je crois en l’humain, malgré un max de ratés. Je crois en la nature, en la vie, en tout ce que je ne comprends pas, parfois un peu, parfois si mal, parfois que dalle. Mais sans que jamais cela me foutent les jetons. Même pas peur… Et pas la peine, pour tellement de peine, de vendre cette peur, d’en faire la louange et un exercice politique. Trop con. Trop destructeur. D’ailleurs, Je fais bien de croire en l’humain, car en deux coups de cuillère à pot et deux pots d’échappement, me voilà à destination dans un temps record, 20 minutes. Juste ce temps de faire un Bethlehem-Jérusalem, sans papier ni check-points… 

 

 


Et puis (tout autre chose) : 

ne surtout pas louper avant cet été et vos prochaines vacances, pour profiter de tout ça aux petits oignons sans l’haleine.

http://www.parfum-de-sante.com/la-lettre-du-mois/

 

et puis, ne vous lassez pas de mon site, tant à voir pour qui sait être curieux et voyageur.

 

http://www.lagaleriepqf.fr/

 

 

PQFment votre,

tHierry moinerveux

Tag(s) : #Egarements sous contrôle

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