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Extrait du journal de bord PQF - tome 8 - 7 octobre 2011

 

Voilà… Maubert, c’est fini. Au moins, quitte à finir avec un lieu, j’aurais préféré Capri. Avec l’argent de Maubert, nous offrir Capri ? Expo triste ou sinistre, comment encore jouer sur les mots pour me consoler de mon nouveau CAF ?


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CAF ? Pour les retardataires, et très nombreux absents : Chiffre d’Affaire Fiasco, ou Foireux. À intervertir selon l’humeur.

 

En quelque sorte, comme une expo-bouquet final. D’ailleurs je compte finir là, ce tome 8 de mon journal PQF. Pour reprendre sur un tome 9 ? Pour continuer l’œuvre PQF ? Là, je ne saurai vraiment exactement dire…

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Il fallait ça pour bien me trancher net mes nouvelles velléités d’être. Il va falloir maintenant que je pense à avoir, un peu. Au moins sur mon compte en banque… Et aussi que je retrouve fissa un peu d’estime de moi. Je vais fouiller, et je trouverai bien ? Ou du moins, d’une autre sorte d’estime que je cultivais jusqu’à présent. Trop de dégâts, aujourd’hui.

 


 

Je sais, comme malgré moi, ma tête ne peut pas s’en empêcher, mécaniquement, j’imagine, je crée, je m’emballe dans tous les sens et m’éparpille sans que j’y fasse attention. Toujours trop tard pour me récupérer. Me sauver de ce mauvais pas, sale course, vol d’Icare. Et là qui me prend, me ventre et me troue le cœur, encore une envie de peindre. Encore ce matin, des idées me traversent l’esprit sur cette obsession du LOurtuais en "paysage de peinture" à pousser aux confins de mon absurde, avec une Eve, nudiste, griffonné comme à son premier jour. Egarée pas loin de la grotte aux sirènes, qui me muse, m'attire et me perd encore. Et je sais d'avance, que quelque part et nulle part un minotaure sur le bord du cadre va me goinfrer comme chronos ses enfants. N'empêche, je mythologie ma vie pour espérer en extraire un suc, un élixir, une réponse au PQF ? Idée d’un début, d’un essai, dans un paradis. La genèse de mon art. Sur cette plage ?  MON paradis. Le mien, là où mon esprit se pause, repose, dépose et se vide, vit.

 

Encore ce matin... Tout mon esprit, mon corps, fébriles en proie à cette envie « folle »… Horrible !

 

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L’expo ?

Une première nuit, nuit blanche de Paris, où les spots font défaut. Le galeriste expliquera à la fin, à chacun, trop tard… Il voulait annuler. Mais non... Il ne voulait pas non plus nuire aux artistes qui depuis longtemps se préparaient à cette foire.

 

Alors, je m’installe dans le noir.


 

Seul, je m’agace de ça. Et je m’énerve grand train comme je sais faire quand j’angoisse "grand train" (TGV) dans ma petite cervelle, mal équipée, et un poil autiste. Plus de 2 heures à presque faire n’importe quoi.

 

Soit : J’essaye de jouer avec la scène du drame, créer l’énigme, fournir les traces du crime. Une carte véridique avec plage du Lourtuais ? Morceaux de Lourtuais, après dissection, plume et os de bois. Des éponges, peintes, utilisées pour mes estompes de mer, d’écume, en tas abandonnées ou, suspendues à du fil d’or (ou presque d’or) ?


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Personne ne pigera, bien sûr ! Surtout dans le noir. Surtout que j’apprends, à peine mon théâtre installé, qu’il faut ? Non, vous plaisantez ? Qu’il faut que je range. Il n’y aura pas de sécurité de nuit pendant ces 3 jours. Il faut que je range, tous les soirs, et que je réinstalle chaque matin…

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Au début, je n’y crois pas. Dans mon recoin noir, dehors, dedans, je ne bouge plus. J’attends qu’une bonne âme vienne me réveiller de ce cauchemar. Seulement quelques touristes viennent me distraire de cette nuit sans fond. Je les baragouine (ciel que mon anglais a perdu… comment dire in english « apnée, huile, estompe, glacis, CAF, PQF » ?)


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Et - même pas peur - je leur dévoile quelques couleurs flamboyantes de ma palette avec une loupiote à manivelle, décathlon. Je pourrais rire de moi. Je pourrais, mais l’envie de pleurer commence à me prendre la tête . Pénible.

 

Mon cœur jazouille, comme quand je phone à ma mère, le plus souvent possible pour la distraire de sa retraite forcée… Mon bide fait des nœuds


 

Finalement, tard cette première nuit, esseulé parmi des stands sombres et vides, me voyant prostré… comme assommé assis au bord de mon « stand-précipice », la galeriste-organisatrice et une dame bénévole (le secours catholique ?) m’aident à débarrasser, pour cette fois-ci.

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Je pense qu’après (2ièm et dernière nuit, sans lumière, l’électricien a fait défaut), les deux jours se passent en pleine dépression atmosphérique, sous un soleil de plomb qui contre-jour mes poissons, pendus, à leur ligne. Je les envie ?

 

Gag ? Le galeriste, au moment du tombé de rideau, m’expliquera bien que j’ai fait barrage sur mon stand, trop fourni et mal disposé (sympa de me le souligner, à la fin, après les péripéties).

 

Mais je sais déjà tout ça. Je vois bien combien, après cette première nuit où toute ma vie ratée « d’artiste » me sera remontée à la surface, j’ai voulu absolument me protéger. Il fallait que mes peintures, mes têtes de rien, à défaut d’humain, me sauve de ce naufrage ?

 

 

Vue, de là où j'écris :

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Hasard aussi ? Le surlendemain du méta-gag Maubert, je me trouve une idée flamenco sur mon chemin au restaurant le Don Quichotte (évidemment que Don Quichotte….), qui me ramène à un artiste peintre et chanteur que j’ai connu à cette époque où je voulais être « artiste » à plein temps : Julian Demoraga. Vitalité magnifique, voix pleine de jus (bio), peinture d’ombres, délicates et infernale. Pas si loin de lui traîne Francis Bacon… aimé et sujet de fin d'études.

 

Avec internet, je retrouve sa trace. Là, justement là… Toutes ces années, une grosse part de ma vie, pour couler ici, avec le poids de mon souvenir. Apnée profonde.

 

Et sans retour ????

 

 

Fin (du tome 8/2011)

 

PQFment moi,moinerveux

tHierry

Tag(s) : #extraits - JOurnal de BOrd PQF?
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