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Ou idem, que je détaille :

 

 

l’Ipad à écran tactile et peinture, à l’huile super grasse.

 

Pourquoi cette fascination, ma fascination parfois, pour un truc en toile ou en bois, d’allure plate, peint. Plutôt un effet que je constate quand de l’épaisseur, un glacis, des textures, du jeu et des fouilles, de l’huile cuite et pas de siccatif. Sérieux, je me pose la question. Pas que ma descendance là-dedans, d’Eve et d’Adam qui tachent l’Eden, et me pondent ici-bas. Autre chose…

 

Je me la pose dépose repose tout en regardant des bois, peints, que je viens d’installer dans mon salon. Peints de ma main, extraction de la série du projet Lourtuais. Un accrochage façon 19ièm siècle ou quelque chose à l’emporte-pièces, mais pas ça.



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Depuis qu’en place, je regarde, je scrute ou selon, contemple.

 

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Ce soir avec la pénombre avant que je trouve les interrupteurs, et que s’écrase dessus une lumière rare mais brillante, de spots, qui fait luire, comme ce matin quand un rayon d’aurore qui bougeait dessus, ou encore plus tard habillé d'un éclairage sobre, ténu. Chaque fois, cela diffère, me montre autre chose et m’interroge. Retient mon regard, m’obsède. M’hypnotise ? Tout bouge sauf... un je-ne-sais-quoi. Je les connais pourtant par cœur. J’ai fait ou commis ça, il y a peu de temps. N’empêche, là devant comme idiot, toujours épaté. Comment je peux encore me bluffer, me faire scotcher par… par quoi ? Par quoi exactement ?

 

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Comme au Louvre il y a 4 jours, je les connais tout autant. Même si d’autres mains et d’autres époques. On se croise, se fixe, s’éternise depuis presque 40 années. Et pareil, ma fascination, le bluff, l’épate… Et parfois, la même émotion que je retrouve en état et qui me lévite de quelques centimètres au-dessus du plancher. Au-dessus de mon existence toute plate, qui grince, qui patine, qui loge le ver-sdf. Un Delacroix, Dante ou Sardanapale, qui bouge de partout dedans jusqu’à me remuer moi, considérablement (malgré le noir bitume qui cloque ça ou là). Un Rembrandt et cette femme, sa femme devenue Bethsabée, qui me tire la larme à tous les coups… pas tenable et, délectable… une poésie infinie qui me pénètre de cap en pied, me tremble les poils et me cloue sur le vide. Mais, le truc se situe au-delà du sujet, de l'émotion.

 

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Me dis, chaque fois, que je suis peut-être fou, ou pire : pas dans la normalité. Pour ça que personne ne capte mes blablas, à moi évidences originelles et à l’autre, distractions originales ? Mais pas que ça, non plus...

 

Pas pareil qu’une photo, qu’un instant volé en pixels, un film avec son début et sa fin, une sculpture qui prend place dans notre espace, des mots qui font le rigodon dans votre crâne (bien que... "belle du seigneur" de Cohen ou Proust et sa recherche... ou encore ?) ou etc.

 

Dans cette surface, presque plate, hors de notre espace de vie et échelle de temps, l’œil s’enfonce et l’esprit voyage, se perd, découvre parce que là-dedans plus qu’ailleurs, le temps est matière.

 

Elastique étiré durci cassé ou puzzle. D’abord, le temps de la création, il se débat ou s’installe. Longs ébats. La matière piège le temps, ou inversement, la lumière colle aux pigments, à la chose minérale et végétale. Un écrin se forme de ce précipité entre temps, lumière, et pigments. Echantillons de terre, métalliques et alliages, terre brûlée. Substance d’air et de feu, crachats d’étoile. Du quantique, presque. Pas indéfiniment piégé, car pas de doute à mon sens que tout est mouvement, et rien que mouvement. Mais tellement là, ralenti. Tellement que moi, humain dans ma toute petite échelle de vie, plus qu’un éphémère ou plus qu’un chat mais qui ne vaut rien comparée à celle d’une éponge dans son abysse, un arbre à l‘abri de l’humanité, qu’une pierre, grain de sable, météorite tombée qu’une queue voyageuse, à ce point ralenti que je crois pouvoir voir le temps immobile. Le voir de façon lucide et presque intelligente dans son écrin de lumière. Moi, et ça, comme immobiles. Faussement, mais tout de même, je me piège avec. Cantique quantique, sous une salve poétique.

 

Là, et pas ailleurs, je peux vivre cette magie absolue, une illusion quasiment parfaite que si, un croyant invétéré apprenait la chose, et la comprenait en partie, il la qualifierait de miracle.

 

Il faut bien regarder. "Bien" est long à venir, et vient de l’apprentissage et de la patience. Et comme ça ne rapporte pas un sous… pas « utile » me dirait un pharmacien du jour de l’an, ou un trader aggripé à ses courbes.

 

Il faut "bien" regarder et alors, aucun doute, tout est là. À portée d’yeux, et à peine du cerveau. Il ne saisit pas tout. Il effleure. Je suppose. Il hypothèse et connecte dans tous les sens. Je crois deviner. Il fatigue. Je pressens par pure intuition.

 

Et l’Ipad ? C'est la marque, l'étandart derrière lequel on se perd, soi. Ipad 4, comme hier on numérotait les monarques, des dynasties, l’autofécondation des tyrans stériles. À l’ère du livre sans papier ni encre, à l’ère de l’Ipad, peindre relève d’une hystérie totale. Acte singulier, peindre révolutionne l’espace et l’esprit, la perspective tronquée par l’écran tactile, lisse, où des yeux glissent, dérapent sur des images qui vous fuient, ne tiennent pas. Ne persiste qu’une apparence. Choses et vie apparente, ou déjà fantômes.

 

(De quoi peut-être nourrir à satiété une nouvelle humanité, faîtes d’âmes recluses au creux d’êtres éthérés, qui usinent des idées volages et pleines d’ondes qui circulent dans des actes inconsistants, commis par des apeurés du goût, du touché, des effluves, qui regardent à peine du bout des yeux ?)

 

Je concède à Picasso (quand 80 variations entoilées en un « temps » record d’après un Velasquez ou d'autres) Matthieu Rubens Wharhol Basquiat etc, la paternité et modernité d’un l’Ipad, une accoutumance et servilité au temps et à l’apparence.

 

Et, je crois au voyage sans fin, au fil d’une question sans réponse, qui bouge encore dans les travaux de Rembrandt Monet (qui ne veut pas finir) Vinci (qui ne finit pas) Rebeyrolle Rothko etc. aux amateurs d’empreintes (L'empreinte qui englobe une idée de pied et là où ça s’enfonce, le temps, qui a passé et qui colle au présent).

 

Sans doute dois-je comprendre avec ce blabla, un peu de quoi se fait ma fascination et grand tourment dans ce face à face, avec un autoportrait ou le portrait d’une femme aimée, un lit de nénuphars, un fond sans fond qui piège la lumière, le temps, la matière. Je crois, en fin de compte, que je vais encore pouvoir me passer d’Ipad (même du 5ièm du nom ou du n°6).

 

PQFment dingue pur jus, bio,

tHierry

moinerveux


Tag(s) : #Art actu

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