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Feuilleton Expos rue d’été :

 

épisode n°2 à Erquy centre, le 1er juillet et c‘était ma fête...

(tHierry : mort en 533. Fondateur de l’abbaye du Mont d’Or, Reims)

 

Soleil et poil de vent qui bouge toiles et planches accrochées au petit matin sur les grilles. Elles brûlent comme moi. Je vais finir ma journée fondu avec une insolation. Doux cliquetis que j’assimile à celui des mâtures de voiliers au mouillage.

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La foule du matin

 

Levé tôt à tort, je m’aperçois que pas grand monde encore. Les exposants cette année prennent leur temps. Je choisis ma place à 10 euros sous les halles. Toute la place que je veux. Doucement, les artistes arrivent, les mêmes, quasiment, aux mêmes places. Certains s’inscrivent à la volée.

 

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Les habitués... même au clin foc, de Saint-Servan.

 

Il y a toujours les retraités qui vendent l’été pour se payer leurs couleurs l’hiver. Avec "l'association" qui va avec. Des aquarelles ou huiles à une couche, comme au coloriage... mais pour adultes. Qui s’épatent comme les 90% des visiteurs, devant un dessin chiadé sur une carte postale aménagée.


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peinture BDétisée.

 

Il y a les roots, qui débarquent avec leur gros volume qu’il étale sur toute la place possible. Les peintres au kilomètre. Qui vivotent avec l’idée de frapper les esprits avec une argumentation de poids.

 

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UN root qui s'étale copieusement dans les platebandes...

 

Il y a les organisés avec leur barnum, le thermos et repas sous alu, les porte-cartes, catalogues, accessoires affriolants et tous les prix en magasin. Souvent c’est ludique, gadgets, trouvailles qui bousculent le promeneur qui découvre « l’art » et son lard. Du lard bio, bien sûr.

 

Tous se connaissent ou/et se reconnaissent, d’année en année sur les routes.

 

Je m’assois sur un bout de mur face à mes grilles et je lis : du sang dans les plumes, de Joël Williams. Juste la lecture juste, pour me recadrer moi, mon ego et ses satellites dans cette vie en vrac.

 

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Un anglais qui s'occupe... au dessin chiadé.

 

(idée de ce matin d’une nouvelle série, à base d’autoportrait –  base de 3 photos saturées – 3 expression très expressives -  de mise au carré de mon ego. Idée de la « Vanité dans l’os » broyé au noir, fusain et mine de plomb, plombé et carbonisé. Tête, sale mine, carré, un cadre. Je développe là mon vocabulaire PQF. Du cadre ikea ici, accessoisé ? Du puzzle de tronche, noir et peinture et écriture, en grand format ? J’imagine de traviole et copieusement la série. Ma cervelle en verve travaille dans ses coins et recoins. Mise en pratique et sur supports, quand j’aurai retrouvé un chouille de confiance en moi et envie d’être. En attendant, je cherche. Ou j’attends le déclic sauveur…)

 

À ma droite, mes voisins discutent voitures et des éthylotests, puis foot, que des basiques que je ne maîtrise pas, une actualité que je suis de trop loin.

 

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Le champion et lauréat d'Erquy : très bleu...

 

Matin calme, midi plus animé. Un peu d’influence pendant la messe et le reflux à sa sortie, avec une ambiance sonore quand le curé secoue ses cloches.

 

À ma gauche, une retraitée anglaise – du sud - de longue date installée en France, et de peu, à Saint-Cast. Elle va faire les deux WE expo organisée par cette ville, plus branchouille qu’Erquy (moi, que celui d’Août). Pour passer le temps, elle produit une aquarelle de plus. Les « promeneurs » comme elle les désignent et parce que navrée que pas d’amateurs et de vrais curieux, s’arrêtent souvent sur son travail. Puis, ils snobent le mien avant de se poser à nouveau devant les huiles paysages « ah oui, je reconnais , là » de mon voisin de droite.

 

J’avance dans ma lecture, le métis indien tue son papa qui l’avait frappé toute son enfance, frappé lui-même par son papa etc. Grosse peine non compressible. Joie de la prison made in the deep USA. Devient papa grâce à une pipette et jeu de passe-passe. Ah oui Erquy ? 17h, rien vendu, pas même une carte à 5 euros, et la mairesse arrive car le juré a délibéré. Le lauréat (pas moi, of course !) donne son œuvre contre 350 euros. C’est un organisé. Lui, sous son barnum en tenue baroudeur, attend son promeneur dans un fauteuil année 70.

 

Du bleu à donf’ (c’est en général ce qui recouvre à 90% les surface des expos estivantes) sans fioriture ni nuance. Un dur de dur, picturalement écrivant.


 

 

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Un root, très bleu...


Je dirai glacial, alors que d’autres, comme dans le juré, ont du voir là une expression forte du paysage maritime. Le juré insiste d’ailleurs sur la très grande qualité techniques et esthétiques des 3 choisis. Je n’en crois pas mes oreilles ? Je me dis bêtement sur l’instant… Je ne peux m’empêcher de voir là-dedans une sorte de snobisme de la froideur, art resucé des années 50, mitigé et confus, dans le plein discours de l’abstrait-figuratif. Qui, à mon sens, tient de l’ineptie totale bien que préoccupent encore tellement d’esprits qui goûtent du bout de la langue-blabla au monde de l’Art, et du lard.

 

Et techniquement, je ne vois pas. Pas voir à ce point, me trouble. Mais, je me goure sans doute…

 

Décidemment, j’ai du mal avec les goûts des autres. Repense, flash, au film du même nom, le Klapish, où l’épouse ne doute pas un instant de son absolu « bon goût », et du très mauvais goût des autres. Dont son mari, qui en plein désarroi affectif se paye un tableau tout sombre, presque noir, qu’il impose dans le salon tout fleuri, presque rose. Il découvre l’art à travers un vécu qui le bouleverse, le remue violemment, des émotions toutes neuves qui le déstabilisent. Le film caricature, bien sûr, mais avec un trait tellement juste. + Acteurs parfaits.

 

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La fête, en fin d'événement

 

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presque la même, avec la mairesse enrobée de tissus noir, micro en main.

 

Moi et mes goûts, mes certitudes, je doute un max, de plus en plus chaque jour. Comme devenu une sorte d’extra-terrestre, d’autiste qui se croyait sauvé de son trou, sa cage, ses barreaux, et se plante, à nouveau, bien profond. La normalité m’échappe… C’est par endroits, pour moi, tellement difficile et compliqué à vivre. À suivre…

 

Prochaine étape dans 2 semaines,

à Dinard (cité plus snob, plus cossue).

Sans les grilles.

Pluie ou soleil ?

Suspense...

Compteur CA : 0 euros.

 

 

 

pqfMOI ?

moinerveuxtHierry

Tag(s) : #Art actu

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