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L’angle mort …

 

 

 

Je regardais la mer, aucune satiété possible. L’horizon, une ligne comme le temps, la vie, nos vies comme des points, dessus, noyées. Fondues dans un trait, qui est la ligne. De vie. Pas d’angle. Pas de fuite possible. Issue de secours, improbable.

 

 

 

Etude à 5 crabes pour 5 patates (dont 1 verte, non comestible))

Etude à 5 crabes pour 5 patates (dont 1 verte, non comestible))

 

 

 

Quand je me récite de mémoire ce que j’ai peint, écrit, créé ou bricolé, et ce, avec quel enthousiasme, quelles folie ou énergie, sorte de poésie et expression incertaine parce que bougé et bousculé par une nécessité certaine, une envie d’être qui m’a dépassé, surpassé. Mon passé. Ma flambe, un feu tout au fond d'une grotte.

 

 

 

Navire pour échappée-belle ? (Travaux de Thierry Briand - expo 2021 / Tregon)

Navire pour échappée-belle ? (Travaux de Thierry Briand - expo 2021 / Tregon)

 

 

Et je réfléchis l’art, ou Art, comme un « angle mort » de l’existence, de mon être-ego terriblement mortel. Une étincelle, silex.

 

 

 

 

 

 

 

Je pense en vrac à ceux que je considère « artistes » bien que ce mot ne me suffit pas pour dire-écrire. J’exclus ceux, reconnus méconnus et inconnus, qui (à mes yeux) ont voulu avant tout plaire au plus grand nombre ou à des élites, séduire par manque ou gourmandise. Trop éponges, sans discernement. Trop avides pour voir. ARTisans sans audace ou/et manipulateurs hors-pair. Mode. De Rubens à Hirst, entregent impeccable.  A mes yeux, à mon âge, plus le temps des hésitations, j’élague mon Histoire de l’Art. Exemples : reconnus Chardin Rembrandt Goya Lautrec Vincent Monet Rebeyrolles Bacon Barcelo Pincemin, Pierrick Sorin et un tas d’autres, méconnus (encore)Thierry Briand, Julien Demoraga etc. Mais, trop de noms que je ne peux écrire, autant en peinture, musique, cinéma …

 

 

 

eT OUI. Tout à la fin, me serai régalé. Déjà ça. Beaucoup ça qui encore me dresse le poil, blanc ou gris, ici ou là (cette nuit, dans ma grotte à la lueur tremblante de mon mac, ce fut Alain Baschung. Pour tellement de raisons, souvenirs, et ... "Angora, montre moi d'où vient la vie, où vont les vaisseaux maudits ?")

  

 

 

 

 

 

 

Toujours qu’une impression, un sentiment, une intuition, une perception ? Comment dire ça ? Un choix qui petit à petit se forme, se structure, s’installe, pour finir tatouage coloré sur la matière grise.

 

 

 

Ma perception :

 

 

 

un désir commun et différencié d’aller vers l’angle mort.

 

 

 

 ou ?

"Cercle de vie" (Thierry Briand).

"Cercle de vie" (Thierry Briand).

 

 

 

 

Art :

 

 

angle mort de notre humanité, d’une existence, depuis les 1er« peintures » murales en grottes. Ce jeu avec les reliefs et les ombres, images créées dans une lumière de feu que je suppose tremblante, ne peut qu’impressionner et interroger. Pour quoi faire ? Pourquoi faire ? Tellement pQf le Cro-Magnon dans sa grotte.

 

 

le feu ?

 

 

angle mort

 

 

Et l'eau.

 

 

 

Angle mort où presque personne n’ose ou ne peut voir. Et parfois, le plus surprenant qui s’y tente : hier, écoute paroles de Frédéric Dard (1921-2000), papa de San Antonio, mais pas que ... Dans ses mots quelque chose de ça, du bref coup d'oeil, d'esprit, sur l'angle-mort. L’interrogation ultime, avec le feu qui tremble pour essayer d’y voir plus « clair » (et moins net qu’une idée-reçue, qu’une porte ouverte, qu’un blabla pour incrédules dociles).

 

 

 

 

 

 

Pour se dérouter du commun, de « l’utile », de la fatale et compliquée survie, il faut une totale obstination, conviction (avec ses doutes-accessoires, nécessaires). L’envie (en-vie) comme carburant. L’Art, que je me décide « angle mort » de notre conscience, d’une vie d’animale.

 

 

(Espèce qui doit se multiplier, et s’adapter pour survivre. Manger boire copuler pour se reproduire et se défendre, s’approprier un territoire jusqu’à manipuler ou tuer l’autre. Faim de pouvoir avec son ego qui s’oblige - pour avancer plus vite - d’oublier son état de mortel avec l’invention des dieux. Ils peuplent des comptines pour enfants. Avant le sommeil, une histoire que maman-papa vous répète chaque soir d’une enfance à rallonge. Dieu-papa qui nous donne l’espérance d’autre chose après la vie, avant ce dernier sommeil. Qui n’est pas un sommeil ? Une ligne droite pour chacune et chacun, qui rend tellement improbable mystérieux incongru l’Art.)

 

 

 

A moins que ?

Humanité en devenir ? Devant navire pour échappée-belle ...

Humanité en devenir ? Devant navire pour échappée-belle ...

 

 

 

 

 

L’Art - à mes yeux, à mon âge, plus le temps - demande donc cette audace d’autre chose encore. Par-delà ce trait de l’existence et son horizon net. Je suppose la chose, plus subtile, compliquée ou floue, qui demande un effort (que décrit la pièce de Pierrick Sorin : « 22h13 ». Ou film de B.Tavernier « un dimanche à la campagne ») un travail sur soi, sur le temps et ses cadres, sur l’horizon et son appel. Un voyage vers des inconnus, sans attendre. 

 

 

Quand la vie, encore, une eau vive, quand les sens en alerte et en recherche, l’esprit en éveil, curieux et affamé. Un voyage très souvent périple, dans des embarcations forcément incertaines et bricolées vers cet angle mort qui est ce qui - à mes yeux, à mon âge, plus le temps - cache quelque part notre « vérité » d’être. Même si, peut-être, rien à trouver …

 

 

 

 

 

Trafalg-Art

 

 

Ce qui est Art, désigné comme inutile, distraction, machine pour gonfler un ego, le beau et le laid, le génie, appartient à la pensée commune. Et à une histoire que, depuis presque toujours, je ne me raconte plus. Elle s’ajoute à une histoire de l’œuvre : le partage.

 

 

 

 

 

 

 

 

"Oeil de Caïn". Le frère d'armes-pinceaux, brosses, couleurs et zique ?
"Oeil de Caïn". Le frère d'armes-pinceaux, brosses, couleurs et zique ?
"Oeil de Caïn". Le frère d'armes-pinceaux, brosses, couleurs et zique ?

"Oeil de Caïn". Le frère d'armes-pinceaux, brosses, couleurs et zique ?

 

 

 

 

 

Et c’est l’un des principaux bonheurs de ma vie : lire, voir, entendre, goûter avec toujours une même faim ce que mes congénères d’espèce peuvent créer. Autant je prends ça - plus ou moins selon les jours et mon humeur - que ce que le Nature peut créer en mode continu, avec, il me semblerait dans son cas, une imagination infinie … (Facile car rien à prouver, elle.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je regarde la mer, je contemple ou fouille la Nature, la vie en cloque d’un Art. Naissance à venir, ou pas. Et, mes yeux hypnotisés par cet horizon, aujourd’hui encore quand tout m’écrase me cadre m’empêche, je peux songer à m’échapper du trait et, hors le temps, chercher à nouveau cet « angle mort », pQf …

 

 

 

 

 

 

pour Quoi faire ?

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