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La sortie des artistes ...

La sortie des artistes ...

Mon épouse me demande ce que cela me « fait » de « ré-écouter du classique » …

 

 

Philarmonique de Paris - cité de la musique

 

 

Elle croit encore qu’avec 4 mots je peux dire, sur le grill, un peu-beaucoup et toujours énormément ce qui me travaille dedans.

 

Dire  « à froid »

le chaos et les courants d’air (d'eau) qui me quittent rarement,

tenir dans une phrase

l’ébullition expressive qui me font entier,

état plasma,

genre Phénix entre feu et cendre,

hésitant.

 

 

 

 

(nota : Un phénix qui forcément à les allures d'un fou à pied bleus des Galapagos.)

 

 

Philarmonique de Paris - cité de la musique

 

 

En fait,

régulièrement,

je prends ma dose (de classique ... pur).

 

Mais en concert,

dans une salle type celle-ci,

LA Boulez

nec plus ultra (dit-on),

c’est du rare dans ma vie.

 

 

D’ordinaire, j’écoute avec du mauvais matériel … et (presque) en cachette (pour ne pas déranger).

 

 

Philarmonique de Paris - cité de la musique

 

 

Pourtant, jusqu’à, au moins mes 20 ans, j’ai baigné dans ces flux d’ondes, dits "classiques".

 

 

Des journées entières à écouter mes idoles de l’époque (Debussy, Ravel, Satie, ou les plus anciens et moins français Bach, Schubert, Vivaldi, Telemann, avec très vite sur ma palette auditive pas mal de russes qu’écoutaient mes parents : Rachma, Proko, Rimski, Moussor etc) sans strictement rien faire d’autre (absorbé par les ondes, des vibrations, l’émotion).

 

 

Philarmonique de Paris - cité de la musique

 

 

J’étais déconnecté (là, comme ailleurs) de mes semblables enfants, puis ado, si différents ... J'étais classique et jazz.

 

 

Tous des extra-terrestres (de ma terre-planète perso) tous accros au groupe « Téléphone » (par exemple) sans que je comprenne pourquoi, tellement les paroles et la musique me semblaient indigestes, ridicules, plates, ou … en fait : 

 

pas même de mot assez juste pour décrire mon incompréhension totale de cette idolâtrie.

 

 

Pour accompagner mes premiers pas « vers eux », j’ai choisi les groupes Genesis, Supertramp et Police (je marche encore sur la « moon », ou jette toujours, régulièrement ma « bottle » à la flotte), Cat Stevens et surtout le chanteur Bashung (16 ans). 

 

Avec là-dedans pour partie l’influence de ma sœur. Notre zone commune d'échanges.

 

 

 

 

C’était enclenché. Je devenais ensuite modestement pop et punk, jamais funk, par nature et certaines allures, un rien grunge et beaucoup anartiste de conviction. J'écoutais tout, gardais peu. Alternatif et immensément divers. Le "classique" devenait lointain, refuge du bout du monde.

 

 

 

  

 

 

 

J’avais quitté brutalement après un déménagement mal vécu, mon conservatoire et professeur (Stéphane et 1er prix de conservatoire de ?), mes classiques, tout un univers très secret.

 

 

 

Un trou noir, massif, de passage dans ma galaxie, me vole, m’arrache, un gros morceau de « moi ».

 

 

 

 

Après (17 ans) le vide … la mort … le silence … la peur … et tout qu’il faut à nouveau inventer, pour vivre. Nettoyer la colère. Un chagrin, un trauma. Remplir un abîme. 

 

Et si possible, oublier, un peu, juste assez pour libérer de la place.

 

 

Philarmonique de Paris - cité de la musique

 

 

 

 

Plus tard (20 ans) j’allais peindre en musique (mais pas de classique – par contre, j’écrivais aussi déjà, avec la nécessité du silence).

 

 

Philarmonique de Paris - cité de la musique

 

 

 

 

Mon 1er achat (vinyle à l’époque, vers 12 ans) est un Bach (le soliste flutiste Rampal).

 

 

 

Souvenir persistant de ma mère qui écoute les sonates de Rachmaninov. Dès les premières portées, je la vois, attentive, prise par l’émotion slave.

 

 

 

Et donc, pour ma première visite au nouveau philarmonique de paris (cadeau d’anniv à ma moitié) porte de la Villette, salle Boulez, je choisis des russes (pas forcément mes préférés, car les places sont vite prises).

 

 

Cela commence par

Un amuse-gueule-oreille avec Prokofiev (ouverture « guerre et Paix »)

 

puis Chostakovitch (Sonate n°1 pour violoncelle, spéciale dédicace à Rostropovitch),

 

et pour clore cette échappée musicale,

la très écoutée 6ièm de Tchaikovski et la tout à fait « pathétique ». 

(qu’on peut entendre bien bidouillée ici ou là en musique prisunic ou dans des films).

 

 

Serge Dimitri et Piotr Ilytch me font un bien fou.

 

 

 

Philarmonique de Paris - cité de la musique

 

 

 

Avec ma préférence pour Dimitri, que je connais mal.

 

 

(Vague souvenir d’une écoute, une après-midi, j’ai 15 ans, d’une pianiste et copine de solfège dans sa chambre presque toute remplie d’un piano demi-queue Yamaha. Avec au mur un drapeau géant de son Amérique lointaine. Elle est franco-américaine

 

C'est elle qui m’accompagne quand je joue un truc flûte et piano, des répétitions + scène de fin d’année avec parents plus angoissés que nous. 

 

Là,

elle me joue des « miniatures » de Stravinsky, une Gymnopédie (Satie) et donc,

du Dimitri.

 

Un machin que je trouve à l’époque ardu, dur et étrange, mais qui bizarrement, me séduit,

 

avant de jouer et chanter une interprétation très perso de « Dreams » (Fleetwood Mac). Une interprétation qui depuis m’obsède totalement.)

Philarmonique de Paris - cité de la musique

 

 

 

 

Après ça, plus aucun souvenir d’une vraie écoute de Dimitri

 

(anecdote : mon 1er pseudo "d'artiste" est "Dimitri", avant de devenir "Paff" inspiré par une chanson de Jonasz, et enfin à ce jour est :  tHierry)

 

 

Ce soir, donc, je découvre plutôt :

C’est fouillé, sensible et parfois violent, fâché ou passionnel.

 

Montagne « russe » à émotions.

 

Un long moment solitaire du violoncelle, du pizzicato à la scie, un aigu mat, ciselé, poignant.

 

Souvent, c’est très technique. Un jeune, Edgar Moreau, aux manettes et un archet se débrouillent comme un chef.

 

Des arrangements et associations instrumentales qui donne un relief étrange, le contrebasson, le célesta, un cor, se causent, échangent. Un « ré, mi bémol, do, si » répétitif.

 

 

Je regarde, chacun, chacune, qui interprète sous la baguette de Lahav Shani (un autre « jeune », 28 ans).

 

Autant de musiciens d’un coup, le spectacle m’emporte assez loin, en ordre dispersé.

 

 

 

 

 

 

Pendant cette écoute, me vient de même à l’esprit des lectures, russes (Dosto surtout, Gogol), mes errances slaves, un goût de Vodka glacée, une strophe d’un poème (S. Essénine), des films (surtout Ivan le terrible, Eisenstein et les yeux noirs, Mikhalkov – avec dedans un magnifique, incandescent, Mastroianni), Chagall, etc, c’est très dépareillé.

 

Tout est là en vrac, me submerge.

 

 

 

 

Avec l’âge, ou un certain âge dans le cadre d’une certaine vie, le cumul, vite, vous submerge. Quand une bourrasque, un grain, un gros vent d'émotion. Les mémoires se tamponnent, secouent des trucs et bidules mal accrochés. Miroirs dans tous les sens, nos sens, déformants ou pas, portes qui claquent, et fenêtres entrouvertes. Rien qui panique, seulement du mouvement, un vertige.

 

 

De quoi se noyer, ou,

mieux,

flotter en surface

 

 

(à l’aide, par exemple, d’un

bateau-papier-plié).

 

   

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