Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Kiefer chez Rodin.

 

 

 

Je découvre véritablement Anselm Kiefer (né en 1945) lors de sa Monumenta (2007) au grand Palais. Quelques aperçus avant, mais le vrai contact est au Grand Palais.

Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.

 

 

 

Sans doute le monumental, la mise en scène, mais d’ordinaire, j’encaisse et je digère la facile démonstration qui écrase et subjugue, avant de relativiser et voir mon émotion qui s’efface vite.

 

Pas là …

 

Comme Rebeyrolle et son bestiaire à la galerie Katia Granoff (bien plus loin, vers ma jeunesse),

 

Quelques Pincemin « dernière période » à une FIAC,

 

Un Barcelo chez un particulier (la femme, espagnole, qui le connait perso me détaille le bonhomme),

 

un jour, un lien se fait qui s’inscrit dans une continuité.

Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.

 

 

 

Un lien

 

Qui prolonge un fil de vie, avec au début mon père et ses « tocs » de création, puis moi avec mes accidents et mes joies premières, les émotions originelles que j’exprime avec modestie ou pas, avec maladresse ou pas.

 

Mon Art et mon goût d’un Art, du rupestre à Kiefer, Barcelo, en passant par Le Gréco Rembrandt Chardin Vincent, ou encore Julian Demoraga qui est une flamme, un cri, etc, se lit dans ma proximité avec le jeu de la matière, de la lumière et du temps, le processus créatif qui me questionne autant que fascine, quand totalement humain (sans l’artifice divin), quand il ne triche pas, quand il dit clairement nos failles notre détresse et notre passion, nos espérances folles, une brutalité animale, instinctive qui se frotte à notre poésie avec ses étincelles inévitables, l’incendie, le décalage, une sincérité magnifiée et improbable.

 

Et d'autant plus magnifiée que très improbable.

 

 

Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.

 

 

 

C’est flou, tout ça, et en même temps, tellement clair et même … de plus en plus clair (à 54 ans) en moi. Maintenant, quand je croise ce qui se crée dans cette continuité sensible, je n’hésite plus à m’en émouvoir durablement.  

Kiefer chez Rodin.

 

 

 

(avec ma définition du temps qui ne se « compte » pas, à comprendre élastique, courant d’air, d’eau. 

 

Exit les secondes, les années et siècles …

 

Sans le feu, une flamme, une vie comptée de 100 ans n’équivaut à mon échelle qu’à une seconde d’un temps « compté », mécanique, d’horloge et hors la vie.)

Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
traits de Rodin.
traits de Rodin.
traits de Rodin.
traits de Rodin.
traits de Rodin.
traits de Rodin.
traits de Rodin.

traits de Rodin.

 

 

« L’accident » (comme le chaos) est source créative, comment passer outre, sortir du cadre et des modes, du temps. Kiefer illustre totalement cette démarche, cette envie, cette « jouissance » au voyage intérieur. 

 

Et à cette exploration dont je parle si souvent.

 

Il expérimente l’art, la vie, les matières et le temps, pensées et songes, des mémoires. Ne pas trouver n’est pas un problème, chercher est l’essentiel (Et Picasso, même avec son raccourci de formule, une fois son ego rangé, devait penser tout pareil. J’en reste persuadé.)

 

Son atelier est une usine, un laboratoire. Il aime se croire alchimiste, sorcier. Changer ou imaginer de nouvelles lois et règles, formules et recettes.

 

Intime jusqu‘aux traits de Rodin ...
Intime jusqu‘aux traits de Rodin ...
Intime jusqu‘aux traits de Rodin ...
Intime jusqu‘aux traits de Rodin ...

Intime jusqu‘aux traits de Rodin ...

 

 

Depuis quelques années, chez Kiefer, le plomb coule à flots (pour partie, un rachat du toit de la cathédrale de Cologne). Des laves brillantes, un feu de matière passe sur ses motifs, ses paradigmes. Gros tournesol et ses cages empilées, les livres ouverts, le sacré, la mémoire "abimée" (déjà présentes à sa Monumenta).

 

Il revisite en permanence sa mémoire intime qu’il fusionne avec celle, universelle, souvent tragique, d’une Histoire violente.

 

 

Intime jusqu‘aux traits de Rodin, sa fièvre, son désir sexuel et une animalité très mâle. Une vie à l’état magmatique, première, qui brûle tout sur son passage. Moins habile à tailler la pierre qu’à modeler l’argile, plus heureux avec la fonte, le feu. La fusion.

 

 

Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.
Kiefer chez Rodin.

 

 

Sculptures magmatiques, avec ses accidents, qui se fige là (au hasard ? Ou pas.) dans le froid du temps, de sa mort. Incomplètes, en suspension au-dessus du vide, de rien, la vie.

 

Pour tout créateur, savoir quand et comment s’arrêter dans son geste, sur un travail, décider d’une « fin ». De laisser en état, un travail, son « œuvre », en perdition et en devenir.

 

Se séparer, se détacher de « sa création », voir s’éloigner ça et tout. Et quelque part, un peu, subtilement ou/et brutalement, apprendre à quitter la vie.

 

Avec Art. Avec l’Art. Etre son art.

 

 

Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...
Porte de l'enfer ...

Porte de l'enfer ...

Partager cet article

Repost 0