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intelligence poétique ?

pQf  cession / tHierry d'Erquy - professeur émérite pQf.

L’Intelligence poétique

 

Pour moi, la plus précieuse. Pas la plus importante, pas la moindre (je ne classe pas). Qui ne sert à rien, et dont l’humanité ne pourra jamais se passer. Si elle veut non pas survivre, mais vivre. Etre dans la vie, plus qu’avec.

 

Celles que je distingue :

L’intelligence de la meute (notre condition animale, originelle), où il faut se connaitre, reconnaitre, puis prendre sa place :  savoir être mouton, se faire tondre ou/et se sacrifier. Ou diriger, se battre et prendre le pouvoir afin de décider pour les autres (les moutons), par la manipulation ou l’autorité. Capacité et rapidité d'adaptation au milieu changeant. Une intelligence sociétale et/ou animale. D'instinct, pour survivre ...

 

L’intelligence de l’ingénieur qui apprend à apprendre. Travaille son habilité, pour que son esprit habite tous les secteurs de l’activité humaine. Ingénieur des mécaniques de l’esprit ou des choses, qui sonde, décompose, ordonne à l’unisson.

 

L’intelligence du chercheur ou de l’inventeur qui apprend démonte la mécanique et la remonte, à son idée, convaincu de son chemin. Il apprend la vie et en tire une leçon. Il copie son monde créatif, avec application et méthode.

 

L’intelligence du créateur, équivalente à celle du chercheur, dans des chemins plus aventureux, incertains. Moins convaincu, à jongler avec le doute. L’imaginaire décide plus souvent de sa direction de vie. Le plus souvent tout autant de méthode et d’application, qui parfois pour l’autre, équipé d’une autre intelligence, sera moins perceptible, intelligible.

 

L’intelligence, plate, de la mémoire (de la tête et/ou du corps entier). Elle impressionne le commun mortel, la plupart, car souvent spectaculaire. Comprise parfois comme magique. Facilement intelligible pour les esprits paresseux. C’est une tête d’ordinateur, elle enregistre et rend dans l’état. Mémoires des choses ou des gestes, dextérité, célérité, virtuosité.

 

Toute intelligence, à la base, se construit sur une forte capacité d’observation, d’analyse et d’imprégnation, parfois contemplative. Intérêt aux choses ou être, à la vie. Capacité intéressée ou sincère, intuitive ou instinctive, purement animale quand liée à la mémoire. Cette capacité d’ouverture, de curiosité, constitue les fondations de l’édifice intellectuel, émotionnel, d’une intelligence de vie.

 

Principal obstacle à cette capacité : la peur, quand on ne trouve pas comment la surmonter (plus que le nombre de neurones et liaisons, ou le calcul d’un QI – Le QI de 160 (moi ?) mangé par la peur ne produira qu’un abruti au mieux, un malfaisant au pire) et trop d’assurance et de certitudes (fausse solution de la peur) ferme l’individu.

 

Et enfin, celle du poète apparentée à celle du créateur, qui apprend sur un mode intime, autre angle, démonte, remonte, cherche, créé. Mémorise au fur et à mesure, en vrac avant de ranger pour une utilisation et transformation ultérieure.

 

L’action poétique implique de s’extraire, des autres, de la compétition, du monde. De ne pas être mouton, ni plus spectateur. Nombre d’artistes-créateurs restent compétiteur toute leur vie.

 

La société (= être ensemble dans la meute) pousse à ce comportement. Picasso qui se mesure avec Matisse, dénigre Bonnard et en vénère-copie d’autres, illustre cette création compétitive. Il ne voit pas l’absurdité de cet état de conscience. Et Picasso devient Picasso-poète quand seulement il s’extrait de cette camisole mentale. Dans son cas, l’extraction devient possible quand il est convaincu d’être le « meilleur ». Chance pour son travail, son ego monstrueux et dictateur (que beaucoup prennent pour du « génie ») lui impose le plus souvent au fil de sa vie ce non-sens. Quand il créé, seul, perdu dans son espace mental, dans le doute, dans le flou de son être déchiré. Sauvé de la meute et de la « compétition » et la peur de n’être pas le « meilleur ».

 

intelligence poétique ?

Exemple poétique pQf : je peins. Support surannée d’une expression artistique dépassée ? Non.

 

Ce monde va vite, bouge tant qu’il peut, ne tient plus en place, créé l’angoisse d’une menace permanente, d’un tremblement de terre des sciences des techniques des idées des êtres.

 

Ce que je peins est dans la profondeur, de la matière, textures des matériaux et des pensées, émotions intimes et universelles, un espace hors le temps (ou assez ralenti pour se penser-vivre hors le temps) d’apparence immobile.

Et de fait, donc, ce qui crée mon « Flou (de bougé) », -hors mode et donc jamais surannée - est le regard de l’autre, l'autre en mouvement, regard furtif, agité, distrait, d’un consommateur qui ne sait pas ou ne sait plus s’arrêter, qui ne sait plus vraiment regarder et encore moins contempler. Ce qui était « immobile » s’approprie - relativité poétique - le mouvement de l’observateur.

 

(Sensation d’être immobile sur terre, quand cette même planète "terre" file à toute vitesse autour du soleil, qui file à grand vitesse avec tout son système autour d’un centre d’une voie lactée, qui dérive aussi vite dans un espace, moins infini qu’indéfini…)  

 

Relativité poétique. Ma peinture est floue, de bougé. Dans un mouvement créatif, mouvement d’une pensée, émotion, un mouvement de vie. Dans le « sens » de la vie… explosif, du chaos vers un inconnu qui fait le plein de merveilles.

 

Mon travail associé à ce regard, qui passe trop vite trop mal, crée le flou de cette pensée poétique, décalée, déviée … qui, mieux réfléchie - miroir déformant - avec un recul nécessaire, désiré, curieux, par imprégnation, lente, diffuse, comprise, peut, parfois, donner un sentiment poétique, d’art, purement créatif et récréatif, une pulsion de vie particulière, l’impression d’un gain vital.

 

Tellement d’artistes, créateurs, ou simples inconnus doués d’une forte intelligence poétique m’ont donné ce que j’essaye d’exprimer là … avec (désolé !) des mots toujours trop flous (de mise au point = mauvais flou) à mon sens. Cette intelligence (que je vois et comprends poétique) comme les autres et peut-être plus qu’une autre, se partage, s’acquière, avec du désir, de l’envie de la volonté du travail, de l’obstination, de la conviction. De l’enthousiasme, de l’émerveillement … de la constance.

 

Franchement, qu’importe le QI flatteur, une mémoire monstrueuse, l’intelligence du pouvoir ou du mouton, quand on trouve comment s’émerveiller de (presque) tout à travers le prisme, bien taillé pensé travaillé, de l’outil poétique.

 

Dans mon idéal (pas encore « acquis »  et qui aujourd'hui, me fuit) : Je vis et je peins, je créé et je bouge, voyage, tout est maintenant tellement intimement lié, confondu, dans cette poésie de l’existence, dans ma totale conscience pQf de l’univers… Qui donnerait presque du sens à ma vie, et au-delà (exit moi).

 

 

ET

Pour Quoi Faire ?

Pour rien,

Définitivement Rien.

OU, peut-être ?

Pour être raccord avec la poésie de la vie.

Pour « être » en vie.

Au-delà d'un instinct.

Par in 

 

 

«  De deux chose l’une, l’autre est le soleil » J.Prévert

Tag(s) : #actu pQf

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