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extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1
Jeudi 25 février 2016.

 

Je réfléchis (mollement). Je voudrais réfléchir à comment "rebondir", pQf, sur réseau et dans ma vie avec un style bien flou, des trucs à moi. Moi que je retrouve, enfin. 

 

Et ... moi dans ce dégât de vie, bien ruiné et tête en vrac la cinquantaine passée, me fait penser à papa quand tout tournait vinaigre pour lui, avant que sa tête explose. En vol rase-mottes. Les « trucs » qu’il essayait de trouver, quand de retour tout penaud de la Ciotat quand plus un sous et que des dettes, plus de logement, plus de job, plus rien, et hébergé par son fils (mon frère). Mon Paman qui déménage en panique, man en pleurs et pa en colère, comme souvent, toujours. Paman en vadrouille, une fois de plus. 

extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1

Avant que man se débrouille et trouve un job (Factotum pour une patronne assez barrée qui vend des caravanes à des gitans. Comme un clin d'oeil du destin bohème), un appartement (dans une tour, lointaine banlieue).

 

Avant que mon frère, pour beaucoup, avec un peu moi et elle, achetions cette maison à Abondant. 

 

Après la fuite de la Ciotat dite "retraite du roussi", Pa cherchait dans sa tête, jeu de société, BD, cherchait tout azimut et souvent n'importe quoi-comment de quoi gagner sa vie par la création. Il possédait comme une confiance folle en son pouvoir créatif. Une confiance bien tatouée. Par qui ? (Que des pistes et pas de certitude sur ce point) 

extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1
extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1

Toute sa vie, il avait fonctionné comme ça, dans ce mouvement, dans cette énergie qui avec rien devient quelque chose, sa chose. Du vide apparent, nait l’œuvre. C'est quasi quantique, ou merveilleux. 

 

 

De sa vie si mal entamée où parti de presque voyou, presque orphelin, presque sans diplôme, nait la réussite, sociale, amoureuse, ses enfants, ses créations, des prix et de la reconnaissance. Une vie en perpétuel mouvement (dans sa tête et l'espace : nous déménageons tous les 2 ou 3 ans) jusqu'au virage trop serré, une sortie de route, immobilisé. L'impasse. Plus d'espace et la tête délitée, fondue, réduite à ... "presque" rien. Retour avant l'heure au rien originel. Où plus rien d'original. Que l'ennui à perte de vue, à perte d'esprit.

extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1

Vers la "fin", man planque les tableaux sur lesquels Pa tente de retrouver une bouffée d'air, de lui, de soi, avec un maladroit, grossier paraphe. C'est tragi-comique comment l'ego mal au point vient défigurer son dernier oeuvre. Un sanglant escarre, au pied que le diabète biendra grignoter, va définitivement arrêter sa tentative de vandalisme.

extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1

Longtemps, je n’ai désiré pour moi que sa seule reconnaissance, pas plus, pas moins. La réussite pour moi se résumait à ce peu ... 

 

Ou déjà beaucoup trop ? Beaucoup trop pour lui ... Et même quand il n’avait plus sa tête, ou que des bribes, j’attendais encore. Un éclair, un jaillissement de rien. Le truc pQf (Flou, Poésie à dada, LA question sans réponse) par excellence qui me saute à la figure et à l'esprit. Papa qui me donne sa "confiance". Son héritage de coeur, en lieu et place des dettes, des chiffres. 

extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1

 

 

 

 

J'ai attendu encore juste avant la fin, chaque WE de visite où souvent je suis reparti bien tapé par sa violence, ses délires, une souffrance contagieuse. Je rentrais très abimé pour la semaine de chiffres. Et, quand seul, je rattrapais ça n'importe comment avec n'importe quoi. Destruction parallèle. J'ai loupé ma réussite. Bien amoché par ce bout de chemin. J'ai attendu jusqu’à sa mort, pour du beurre (à la note salée).

 

Et là … quand plus rien de lui, qui bouge, qui est, certainement, tout a changé.

 

 

 

extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1
extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1
extrait "dévidoir 2016". Confidence n°1

 

 

Je réfléchis mollement, vaguement. Avant un bref retour (dès ce prochain dimanche, 1 semaine) dans mon atelier-labo-galerie pQf. Retrouvaille avec ce travail, vrai travail, la série "ours, moi soeur et man" (sans ordre, en désordre pQf, fantaisie du coeur et esprit en roue libre). Il faut que, doucement, les rouages bougent, à nouveau. Fébrilement, j'essaye un peu. Bouger, mettre en branle. Tout rouille si vite. Des pièces cassent. Jamais sûr d'avancer. La rouille de l'ennui qui mange tout. 

 

Mollement, tendrement, je pense à papa, tout cassé ... qui, pourtant malgré l'évident dégât, essaye encore. 

Tag(s) : #actu pQf
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