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Projet (pQf) à blanc
Projet (pQf) à blanc

Projet à blanc. Avec du noir. Ne se fera sans doute pas. Juste un essai d'amorcer la pompe dans ma tête, qui ne fonctionne plus. Pour ne pas, ne rien tenter, malgré l'évidence. Une histoire de corbeau. De noir. Une visite au tableau de Vincent noirci avec ces volatiles (50X100). Un champ, 3 chemins, le ciel tacheté. Me sens lié à cette toile par une petite histoire. Qui, me raconte encore 2ki, disparue en 2006. 

 

(Justement, la nuit passée, un rêve, il me montrait ses peintures... lui qui pas du tout. Et je lui en faisais compliment. Très admiratif autant qu'étonné. Mieux que mon travail. Je voulais l'aider dans le commerce de ça. Et puis je donnais quelques conseils techniques.) 

 

Le noir pour peindre mon flamenco perso que je dois apprivoiser. Mieux. Moins trébucher. Avec le trait, danser sur ma toile, surtout le trait.

 

Vincent, 2Ki, le trait de mon père, mes roses n&b, les corbeaux que je croise tous les jours de la semaine au ptit matin dans le parc Brassens. Ou d'Amsterdam ou d'Auvers. Corbeaux pas craintifs, curieux de moi, curieux d'eux. 

 

J'imagine un travail. J'imagine de loin, avec ma myopie. Une histoire de survie et de liberté. De lien imaginaire et improbable, qui se soustrait au temps et à l'espace, à la vie ou à la mort. Être libre... au noir.   

Projet (pQf) à blanc

Etre libre ?

 

Enfermé dans une vie, à jouer le funambule sur un fil cassant. Dans un corps bricolé, fragile avec sa date de péremption. Enfermé dans une maladie, un handicap, une souffrance. 

 

Enfermé dans un espace. Sous atmosphère dans un aquarium, attaché à la terre par gravitation. Enfermé dans une identité et un sexe, des frontières à l’ombre d’un drapeau. Aux couleurs livides d’un drap, linceul, sur la peau, du soldat méconnu.

 

Enfermé dans une classe sociale, au fond d’une mine ou écrasé sur son trône sous le poids d’une couronne. Enfermé dans une religion et des croyances, contes pour enfants et manies culturelles. Enfermer à double tour nos peurs originelles, sous texte. Sous énigme. Sous magie noire. Indéchiffrable. L’esprit sous camisole. Gavage d’idées reçues, sous perfusion de médias, famille et traditions. Cravate au cou pour se pendre à la mode. Le string qui vous tient par la peau du cul. Enfermé dans la nécessité de séduire, plaire, convaincre, prouver.

 

Enfermé dans une descendance, des tics et postures, ses secrets. Sur soi, le cachet de sa marque génétique. Le noyau qui fait preuve. Enfermé dans la société, son dictat du vivre ensemble, dans des lois et les intolérances. Enfermé par les pouvoirs, des minorités qui savent tout et plus, pour tous les autres.

 

Enfermé dans le temps. Menotté par la montre. Un programme, un horaire, un calendrier et le manège des planètes et des étoiles, sous les crocs de chronos. Enfermé dans ses besoins, boire manger, et copuler. Dans ses plaisirs, ses illusions et ses espérances, avec dépendance à la clé. Et plus la clé pour ouvrir.

 

Enfermé dans la haine, l’amour, toujours dépendant. Comme dans ses certitudes et ses peurs. Enfermé dans son ignorance et, cette bêtise monstrueuse de croire tout savoir. Enfermé dans son ego. Dans une idée absurde du don de soi, quand rien ne vous appartient.

 

Enfermé dans le rêve d’une vie, existence prêtée par les circonstances d’une rencontre. Enfermé dans ses frustrations. Enfermé par la crainte du courant d’air qui vous enrhume l’audace.

 

Enfermé, collé sur la toile, clouée sur le cadre, sans fond, qui flotte à la surface des choses et des êtres.

 

 

Projet (pQf) à blanc

La liberté coûte toujours très cher, argent ou, qui se paye de sa raison, de sa vie. Toujours parcellaire. Liberté sous conditions.

 

A moins, peut-être, que la fin - tellement mortelle - libère de tout ? Mais loin d’être sûr. Pari risqué. Mise énorme.

 

A moins - j'envisage mieux - d’être assez perdu, parce que poète artiste et imaginatif, voyageur d’inconnus hors le temps et espaces reconnus. D’être totalement pQf, flou et fou qui déraisonne la vie par tous les bouts, d’un cadre cassé.

 

De toute façon, je ne sais pas.

 

Ou je ne sais plus, depuis que le pQf m’a quitté l’esprit.

Et que me voilà éjecté hors de moi. 

Dans la boue du temps et au centre du cadre.

Résigné.

Seul.

Pétrifié,

en stuc juste pour le décor.

Moi, de mal en pis claustrophobe,

d'être enfermé, me décompose. 

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